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  • Pierre Cossard

Du rififi dans les transports publics ?


L’événement est suffisamment rare pour être remarqué. Le monde généralement policé des grandes entreprises du transport public est en émoi, voire en colère, face aux conditions de déconfinement qui lui sont imposées par le gouvernement.

Selon notre confrère Le Point, les dirigeants des principales entreprises de ce secteur (RATP, SNCF, Keolis, Transdev, etc.) auraient fait parvenir le 30 avril 2020 un courrier au Premier ministre, dans lequel ils assurent qu'il leur est « impossible de répondre d'une obligation de résultat qui pourrait [leur] être imposée » concernant les gestes barrières et les règles de distanciation physique.

Et de poursuivre, toujours selon Le Point, en indiquant qu’« après plusieurs jours de travail et de concertation avec l'ensemble des parties prenantes, il apparaît que les transporteurs ne disposent pas, aujourd'hui, des moyens humains et des matériels de nature à satisfaire à une telle obligation ».

Celle-ci « ne saurait être respectée sans une très forte limitation du flux, la capacité d'emport des véhicules (bus et trains) devant être alors limitée au maximum à 10 et à 20% de leurs capacités », c’est-à-dire à peu près tout le contraire de ce qui est aujourd’hui demandé par le gouvernement - une remontée en capacité très rapide - pour permettre, en théorie, un respect de la fameuse distanciation physique.

Les mêmes dirigeants évoqueraient même, « en cas de forte affluence », des « risques d'arrêt du service susceptibles de générer des troubles » et « des tensions sociales de la part du personnel ».

Sont clairement sous-entendus ici des recours massifs au droit de retrait, voire des assignations judiciaires, déjà particulièrement redoutées à ce jour par les maires, les directeurs d’établissements scolaires et certains chefs d’entreprises..., tous confrontés à un retour d’activité dans de nouvelles conditions sanitaires.

Le problème des flux

Partant de ce constat, les patrons des différents groupes de transports en arrivent à la nécessité d’anticiper les problèmes de gestion des flux de passagers, en amont des gares, stations de métro et autres arrêts de bus.

Un vrai souci, soulevé d’ailleurs par Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France Mobilité et de la région Ile-de-France qui, dans les colonnes du Journal Du Dimanche du 3 mai 2020, réclame un minimum de 5000 policiers pour tenter de gérer ce phénomène sur le réseau dont elle a la charge…

« Même en remontant notre offre de transport, l'espacement d'un mètre conduirait les opérateurs à un niveau