• Paul Will

De la cohérence… pour les transports scolaires !

Sortir du confinement, va demander des mesures précises, et ce dans un double objectif : rassurer les usagers et les conducteurs. Ce n’est pas une des moindres conséquences de cette crise sans précédent que d’avoir rendu les Français pour le moins sceptiques.

Avec les Italiens et les Espagnols, ils sont ceux qui remettent le plus largement en cause la parole publique et craignent la contamination. Mais il faut maintenant entrer dans une autre phase.

Un préfet aux commandes et le retour des maires

Pas de transport si pas d’école. L’évidence. Mais retrouvera-t-on le bon sens ? Encensés, les maires ont été oubliés, voire complètement méprisés par l’Etat. Et pourtant, ils tiennent une place importante dans l’inconscient collectif. Ils symbolisent l’action de la République. Ils sont appréciés par la population qui les « connaît ». Et d’ailleurs, ils les choisissent indépendamment de leur étiquette politique.

Mais ils ont vu leurs pouvoirs et leurs moyens réduits, la commune elle-même, « dépassée » par des organisations plus lointaines (les intercommunalités XXL, où, par parenthèses, les transports scolaires s’effectuent de plus en plus souvent au moyen de bus, et non plus d’autocars, ce qui va avoir son importance).

Depuis quelques jours, par l’intermédiaire de parlementaires (principalement au Sénat) ils réclament une clarification des responsabilités, notamment en ce qui concernent les délits non intentionnels. Ne pas voir leur responsabilité recherchée. Ne pas être sur la brèche alors qu’ils subissent des pressions et font de leur mieux, parfois avec le sentiment d’être bien seuls. La République dans ses territoires plutôt que dans les ministères.

François Baroin, le président des maires de France, a tout récemment fait savoir que les maires ne voulaient pas servir de « kamikazes » ! Le mot est fort pour un homme peut coutumier des outrances. Qu’on les envoie au front sans avoir tous les éléments (y compris juridiques) et des moyens suffisants n’est pas acceptable. Et de réclamer que le texte qui va entrer en discussion aménage la loi Fauchon.

Pourtant dans les « zones rouges », ce sont les collèges qui resteront fermés, pas les écoles primaires et élémentaires. Que faut-il comprendre ? Assez unanime, la communauté scientifique parle d’une « décision politique ».

Faut-il qu’on la nomme décision d’opportunité…économique ? Elle semble en effet destinée à accompagner le retour au travail des parents des plus petits auxquels on peinera à faire respecter les mesures de distanciation sociale.

Le bon sens

Côté organisation des circuits, des élus réclament un préfet aux commandes et qu’il sache raison gardée : l’Etat napoléonien. L’inspecteur d’Académie devra relever de son autorité, les mesures concernant les ouvertures d’établissement, les modalités de cette ouverture, seront ainsi plus facilement concertées avec …les régions, qui ont la compétence transport.

Il y a quelques jours encore, les régions déploraient ne pas avoir de relations suffisamment construites avec l’inspection d’Académie et les établissements pour préparer la rentrée du 11 mai. Qui peut croire qu’en une semaine, tout soit réglé, à commencer par l’organisation des circuits ? C’est la raison pour laquelle les opérateurs ont réclamé d’une seule voix l’intangibilité des circuits (lors des réunions avec Régions de France). Conserver ce qui existe, et ne pas jouer aux apprentis sorciers sans tenir compte des conditions d’exploitation des services : de l’évidence à la sagesse.

Les conditions d’accès aux autocars

Invité d'Europe 1 le 27 avril 2020, Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'Etat en charge des Transports, a revenu sur certaines modalités dont celle du port du masque. Et qui dit obligation, dit sanction en cas de non-respect de celle-ci. Logiquement, il faudrait que les règlements intérieurs soient adaptés et que des affichages rassurants (véhicule désinfecté) dans leur contenu, mais aussi dissuasifs (port du masque obligatoire) soient visibles pour les usagers.

En effet, déclare le secrétaire d’Etat en substance, pour les usagers qui ne porteraient pas de masques à partir du 11 mai, il pourra y avoir des sanctions. Mais il tempère aussitôt : « il y aura une période de tolérance, notamment (sic) pour le premier jour d'obligation ». Le ministre justifie cette tolérance par une forme de « bienveillance ».

Ce qu’elle n’est pas : la bienveillance voudrait que personne ne contamine par négligence personne, et que personne ne soit contaminé par négligence dans des espaces - ceux du transport public - qui représentent 34% des clusters (source Haute Autorité de la Santé).

« Il faudra que le 12 tout le monde soit équipé d'un masque », indique tout de même Jean-Baptiste Djebarri. D’après nos sources, un décret viendrait dans les tous prochains jours modifier le décret du 23 mars, et être adapté spécifiquement aux transports scolaires.