• Jean-Philippe Pastre

Le Covid-19 perturbe le raffinage et la distribution de carburants

Les mesures de quarantaine sanitaire en France ont un impact méconnu : l'effet sur la distribution de carburants pétroliers ! S'il y eut un surcroît d'activité le week-end du 14 mars, depuis c'est la plongée.

Raffinerie de Normandie du groupe Total, sise à Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime).​

Des syndicalistes du groupe Total évoquent une baisse du nombre de transactions de l'ordre de -80% en stations (ventes carburants et boutique). Une autre source évoque une chute de volumes vendus comprise entre -60 et -70%.

Pour les raffineries, les arrêts de maintenance des sites Total de Grandpuits (Seine-et-Marne) et de Feyzin (Rhône) sont prolongés. Grandpuits aurait dû reprendre la production le 24 mars dernier. Pour les autres raffineries du groupe Total (raffineries de Normandie, Donges et La Mède - cette dernière produisant du HVO -), faute de pouvoir en arrêter la production - une procédure longue et complexe -, les volumes sont à débit minimum.

Malgré cela, selon la CGT du groupe Total « on ne sait plus quoi faire du produit (…) on envoie du produit dans les pipe-line pour accroître les capacités de stockage ». La situation de mévente serait telle que dès qu'un bac de stockage se libère, il est aussitôt mobilisé. Les salariés des raffineries sont placés au chômage partiel.

Pour le gazole, premier carburant consommé en France, ce sont les importations qui sont majoritairement réduites. Le paradoxe est que les raffineries spécialisées en pétrochimie (comme PetroIneos à Lavéra) produisent les bases pour la chimie et les polymères, très demandés actuellement (notamment pour l'industrie pharmaceutique et les emballages).

Les effets induits par la chute des cours

Le 23 mars 2020, Patrick Pouyanné, P-DG du groupe Total, a communiqué aux actionnaires le « Plan d'actions 2020 ». A l'époque, il s'agissait d'établir « une réponse immédiate à un nouvel environnement à 30$/baril ».

Les investissements sont réduits de 20%, soit le gel de 3,3 Mds$ américains, principalement sur l'exploration-production. Le groupe a annoncé le gel des recrutements et des économies de 5,5 Mds€ (pour 4,7 atteints en 2019). Le groupe avait établi un point mort 2019 à 25$/baril, or aujourd'hui il est à 13,82 $/baril (cours à la cotation WTI Nymex, au 22 avril 2020).

Selon la communication aux actionnaires de Total, l'écart de génération de trésorerie en marge de raffinage se monterait à 9 Mds€ pour une différence de cours entre 35 et 60$/baril.

Ceci confirme les analyses de l'IFP-Energies Nouvelles (voir Mobilités Magazine n°35 de mars 2020 ) corroborées par le dernier Tableau de bord hebdomadaire de l'institut français.

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