• Jean-François Bélanger

Tramway du Mont-Blanc : 15 ans de plus pour la Compagnie du Mont-Blanc


Le Conseil Départemental de Haute-Savoie, propriétaire du Tramway du Mont-Blanc (TMB), vient finalement de reconduire pour son exploitation la Compagnie du Mont-Blanc (CMB), associée en la circonstance à la Caisse des Dépôts et Consignations, pour une durée de 15 ans supplémentaires à compter du 1er juin, avec pour ambition de redonner à cette infrastructure un nouvel élan, digne de son histoire.

Avec six dossiers retirés à l’appel d’offres, puis deux candidats retenus, c’est finalement à l’unanimité le 14 avril 2020 que le Conseil Départemental de Haute Savoie a retenu la CMB pour cette vénérable installation datant de 1908.

Entre Saint-Gervais-les-Bains, à 580 m, jusqu’au Nid d’Aigle, à 2 372 m d’altitude, pour un tracé de 12,5 km, c’est le plus haut chemin de fer à crémaillère de France.

Une infrastructure historique puisque, dès 1895, un ingénieur avait imaginé la poursuivre pour atteindre le sommet du toit de l’Europe, grâce à un ascenseur ! Mais les hostilités de la première guerre mondiale eurent raison de cette utopie.

Ces derniers temps, dans sa version contemporaine, le TMB commençait à montrer des signes de fatigue, avec un matériel roulant vieillissant et des gares manquant d’attractivité. C’est donc dans l’optique d’une redynamisation de l’ensemble que se situe cette nouvelle concession de service public.

Le Département va investir 65 M€ et garantir pour 15 M€ l’équilibre de l’exploitation sur la durée du contrat. Après les travaux d’entretien de la voie et de la signalisation, parmi les plus lourds, on note l’arrivée, en 2022, de trois trains neufs acquis auprès de la société suisse Stadler, puis d’un quatrième hybride (électrique et thermique) l’année suivante.

A Saint-Gervais-les-Bains, avec la remise en état de la gare, un espace muséal et de restauration sera aménagé. Au sommet, un autre bâtiment montagnard de 450 m² proposera exposition, boutique, restaurant… Par ailleurs, la voie sera prolongée de 300 mètres.

Ces travaux s’échelonneront jusqu’en 2026. Au global, il s’agit de faire du TMB une véritable locomotive touristique, au profit de l’économie locale, et aussi de renforcer son rôle dans le transport des skieurs et randonneurs.

La CMB, qui exploite par ailleurs le Chemin de Fer du Montenvers, à Chamonix, s’engage, elle, à élargir l’exploitation : passer de 200 jours d’exploitation par an aujourd’hui à 245 jours, été comme hiver.

« aujourd’hui, le TMB enregistre 140 000 passagers par an, contre 200 000 il y a quelques années. Nous comptons arriver à 185 000 en 2026 et à 210 000, en 2034 », ambitionne Mathieu Dechavanne, PDG de CMB. Cela correspondrait à un chiffre d’affaires de 3,3 M€, contre 1,8 M€ aujourd’hui.

Enfin, ce projet s’articule aussi avec celui consistant à connecter davantage le TMB au réseau Léman Express, depuis Saint-Gervais-les-Bains. 160 M€ sont d’ores et déjà réunis (60 M€ de l’Etat, 50 M€ Région et 50 M€ Département) pour financer les équipements nécessaires de la ligne jusqu’à La Roche-sur-Foron, afin de pouvoir doubler le cadencement actuel. La balle est désormais dans le camp de SNCF Réseau.