• Jean-François Bélanger

SNCF : Jean-Pierre Farandou veut des voyageurs masqués dans les trains


Auditionné par les sénateurs ce mercredi, je patron de la Sncf a répondu aux nombreuses questions qui se posent, en amont de la reprise progressive des transports attendue à partir du 11 mai.

Depuis le début du confinement, l’offre du transporteur national s’est progressivement réduite pour être, à ce jour sans doute à son niveau le plus bas : 7% de TGV (qui assurent 1% du trafic habituel), 15% de TER, et entre 20 et 25% de trains sur le réseau francilien.

« Un plan de transport élaboré en coordination avec l’Etat et avec les autorités organisatrices régionales », selon le président de la SNCF.

Après une période de vérifications et de contrôles des matériels et des infrastructures et à partir du 11 mai, il est question de remettre en route progressivement la machine, en multipliant par deux l’offre, dans le respect des notifications gouvernementales, tout en sachant qu’une régionalisation du confinement compliquerait singulièrement la tâche du transporteur.

100% de l’offre au début de l’été

« Cela nous permettrait un rodage en vue d’arriver à une offre normale, avec notamment 100% des TGV, que nous envisageons pour le début de l’été », selon Jean-Pierre Farandou.

Pour autant, se posera la question du respect de la protection ses voyageurs et la question de la distanciation sociale, avec une évidence pour le patron de l’entreprise publique, le port du masque. Avec pour argument : « en Ile-de-France, si nous devons respecter entre un mètre et un mètre cinquante, entre les voyageurs et en admettant que nous remettions 100% de nos moyens, nous ne serons capable de transporter que le quart des 3,5 millions de passagers qui utilisent les trains ».

Le président de la SNCF a aussi abordé la question des TGV : « nous savons que le point d’équilibre de l’exploitation des Tgv est atteint avec 60% d’occupation. Le port du masque pourrait nous éviter d’avoir une offre d’un siège sur deux, comme c’est le cas aujourd’hui ».

Une vision plus économique donc, car s’il est prématuré de répondre à la question du coût engendré par la crise sanitaire, nul doute qu’il sera très élevé.

Jean-Pierre Farandou veut se montrer cependant rassurant sur l’état de la trésorerie. « Nous venons de lever la semaine dernière 1,250 Md€ de green bonds et nous serons vigilants, en particulier sur le respect des dates d’échéance des factures de nos fournisseurs, pour ne pas les mettre en difficulté ».

Pour ce qui est des avenants qui ne vont pas manquer d’être signés avec les Régions concernant les transports régionaux, « je pense qu’elles accepteront de payer le coût du service et que nous aurons des discussions sur la partie concernant les pertes de recettes », avance Jean-Pierre Farandou. Un discours qui devrait donc connaître des prolongements...