• Hubert Heulot

Le casse-tête des éthylotests anti-démarrage


Pour le moment, rien n’y fait, même si on a encore quelques semaines devant nous pour vraiment lui en vouloir : le ministère de l’Intérieur rechigne à déroger, sous la menace du coronavirus, à une petite règle de sécurité. Il l’a déjà prouvé, il est susceptible dès qu’on lui parle d’autocars.

Mais il faut dire que les autocaristes, cette fois, ne manquent pas d’audace. Pour ne pas rater le déconfinement, au moment où tout le monde redonnera une peu d’amplitude à sa vie, ils lui demandent de désactiver leurs éthylotests anti-démarrage. La raison en est simple : ils ne supportent pas l’alcool. Désinfection impossible et les conducteurs vont refuser de souffler les uns après les autres dans l’appareil.

Les assurances des fabricants sur la présence de « clapets anti-retour » de salive, jusque dans les embouts jetables, n’y changent rien. Qui dit anti-retour de salive ne dit pas anti-retour de virus !

La FNTV, qui comprend parfaitement le risque sur la reprise des activités, l’évoque régulièrement dans les conférences à distance qu’elle tient plusieurs fois par semaine avec le ministère des transports.

Pour le moment, celui-ci a d’autres chats à fouetter : pertes abyssales d’Air France et menaces sur l’approvisionnement de la grande distribution par les routiers. De toutes façons, il a reçu, lui aussi des ordres.

Officiellement, il gère le quotidien, pas encore le déconfinement. Mais cela viendra. En attendant, le suspense reste entier. Que décidera-t-il quant aux éthylotests anti-démarrage dans les autocars ?