• Michel Chlastacz

Une vraie-fausse nationalisation du rail britannique


Le 23 mars 2020, le gouvernement britannique a décidé de prendre en mains la gestion des chemins de fer et de suspendre les franchises voyageurs* pour une durée de six mois.

Officiellement il faut « éviter une désorganisation du système ferroviaire national et l’effondrement des compagnies » en raison de l’épidémie.

Serait-ce une façon d’avouer la fragilité de ce même système en raison de la « complexité des franchise » comme l’a avancé le Guardian lors de l‘annonce ?

Concrètement, le Department for Transport, équivalent de notre Secrétariat d’État ad-hoc, « prend en charge tous les revenus et tous les risques » des services ferroviaires voyageurs, en subventionnant directement l’offre maintenue des opérateurs à environ 50% du service normal.

Alors que les trafics voyageurs (- 70%) et l’offre de transport (- 66%) ont chuté drastiquement depuis quelques jours, cette mesure qualifiée de « nationalisation » n’est qu’une mise sous tutelle.

Les partisans d’une nationalisation n’y voient qu’une aide publique aux franchisés, en vertu de l’adage selon lequel les « pertes sont publiques et les profits privés »…

* Aujourd’hui, 33 compagnies exploitent 18 franchises organisées selon un découpage géographique du réseau. Elles reçoivent l’équivalent de 3,6 Mds€ de subventions de l’État pour un chiffre d’affaires propre de 10,6 Mds€ et des dépenses de 13,66 Mds€.