• Michel Chlastacz

Politique européenne


Au-delà de l’épidémie du Covid-19 qui, pour le moment, bloque littéralement les rails européens et suspend les relations ferroviaires internationales, les orientations de l’Union européenne demeurent.

Leurs principaux éléments pour les années à venir ont été présentés lors du IXe Sommet ferroviaire international qui s’est tenu à Varsovie du 19 au 21 février 2020 par Elisabeth Werner, directrice des transports terrestres à la DG Move bruxelloise. Elle est donc de ce fait, responsable de ce secteur au niveau de la Commission européenne.

Avec des moyens conséquents puisque le seul MIE (Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe qui finance les grands projets de RTE-T) repose sur un budget de l’ordre de 30,6 Mds€ pour la période 2021-2027. Soit à lui seul près de 20% du budget total de l’Union...

La DG Move veut officiellement à la fois prendre en compte les enjeux climatiques liés aux transports et mettre en avant les atouts du mode ferroviaire dans ce domaine.

Et pour développer le rail, aussi bien dans les marchés urbains et suburbains comme dans celui des longues distances, elle compte s’appuyer sur une stratégie résolument fondée sur l’introduction massive des nouvelles technologies, qu’il s’agisse de la 5 G, de la digitalisation ou des intelligences artificielles afin « de réduire les coûts et de gérer au mieux les capacités existantes (des réseaux) ».

Il s’agirait notamment de remplacer l’actuel système de communication sol-train GSM-R après 2025 et de pouvoir utiliser les pistes offertes par Galileo et le système géostationnaire européen EGNOS, sans oublier une véritable généralisation de l’ERYMS qui augmenterait significativement les capacités des lignes.

Elisabeth Werner a évoqué également les avancées de l’ATO, l’automatisation de la conduite des trains, ainsi que les système d’économie d’énergie déjà testés dans les réseaux de métros urbains et qui, appliquées aux trains à longue distance pourraient aboutir à des gains de l’ordre de 20%.

Elle a aussi évoqué la billetterie de l’avenir « sans couture » entre les modes, qui devrait significativement booster le mode ferroviaire.

« La Commission, a-t-elle assuré, s’emploie à faire tomber les barrières qui subsistent dans ce domaine dans le cadre de son Green Deal ».