• Michel Chlastacz

Bombardier fermé et Alstom entre-ouvert


Comme les autres secteurs l’industrie ferroviaire s’organise pour respecter les directives gouvernementales face au Covid-19.

Bombardier a choisi le 16 mars 2020 de fermer l’usine de Crespin près de Valenciennes. Avec pour conséquence la mise au chômage technique d’un millier de personnes et la paralysie parallèle des activités des fournisseurs comme ceux qui se sont installés à Crespin dans l’espace supply chain de proximité de l’usine.

Chez Alstom, le choix a été fait de poursuivre l’activité. Il s’est accompagné toutefois de l’instauration du télétravail notamment pour les tâches de gestion et de suivi, et de mesures de chômage partiel sur certains sites.

Mais aussi d’une réorganisation du travail à l’intérieur des sites afin de respecter les distances de sécurité sanitaire et d’empêcher l’entrée d’autres personnes que celles liées à la production.

Officiellement, ce maintien des activités industrielles serait notamment lié à la nécessité d’assurer des opérations de maintenance qui, pour certains matériels, ont souvent été contractualisées avec les exploitants.

D’autant qu’en dépit d’une offre de transport qui se trouve de plus en plus réduite, les trains comme les tramways et les métros continuent à rouler sur leurs réseaux respectifs.

Une aggravation de l’épidémie obligerait cependant à la fermeture totale des sites industriels encore ouverts.

Même sans en arriver là, le problème de l’approvisionnement de ces sites risque de se poser rapidement.

En effet, chez Alstom comme chez les autres constructeurs ferroviaires européens, nombre de composants sont en provenance d’autres pays qui se trouvent dans la même situation d’épidémie.

Faute de flux internationaux d’approvisionnement la poursuite des activités de maintenance peut être déstabilisée et entraver le fonctionnement subsistant des réseaux de transports.

Cette situation exceptionnelle met crument à jour, comme partout, les fragilités de l’organisation industrielle qui s’est mise en place depuis deux décennies.

Fondée en externe sur une internationalisation-mondialisation de la production impliquant des délocalisations voire des suppressions de sites et en interne sur une organisation à base de flexibilité et de « zéro stock »...