• Jean-Philippe Pastre

Alain Charton, gérant du centre de formation à Louhans


Alain Charton, gérant du centre de formation et auto-école CFCR Benoît

à Louhans (Saône-et-Loire)

Mobilités Magazine : Quel est l'impact pour votre centre de formation ?

Alain Charton : On est concerné par le décret du 16 mars 2020 imposant la fermeture jusqu'au 15 avril 2020. Cela signifie la suppression de toutes les formations en présentiel, sachant que nous sommes un établissement recevant du public de catégorie R.

MM : Combien de sessions sont impactées ?

AC : Nous avions en cours deux titres pros dont un groupe qui était à deux semaines de l'examen, et un qui a commencé il y a une semaine. Un groupe en FIMO voyageurs est également concerné. Cela représente 30 candidats.

MM : Qu'est-ce que cela représente pour vos salariés ?

AC : Nous avons 19 personnes au chômage, salariés et prestataires. En début de semaine, seul le secrétariat administratif était dans nos locaux pour prévenir les parties prenantes, mais là [à la date du jeudi 19 mars 2020] je suis seul à assurer les permanences. Dans le cadre de nos formations, il est impossible de ne faire que de l'enseignement à distance. En admettant que l'Etat s'en tienne à la période initialement prévue de confinement jusqu'au 15 avril, cela représente une perte de 200 000€ de chiffre d'affaires.

MM : Les sessions sont-elles reportées ou ajournées ?

AC : Il ne s'agit que de suspensions, ce qui signifie qu'il y aura reprise des formations. Les sessions d'examens seront reportées. Mais cela nous pose de sérieux problèmes d'agenda à la reprise : comment combiner ce qui est engagé avec ce qui n'est pas fait dans les délais qui nous seront impartis ?

MM : Quelle est la tendance du côté des formations pour le transport de voyageurs ?

AC : On rencontre de plus en plus de difficultés à remplir les sessions en voyageurs. La branche recrute surtout pour du travail à temps partiel, or avec l'embellie qu'il y a eu sur l'emploi, les besoins du transport de marchandises, les candidats s'orientent vers ce dernier secteur plus rémunérateur. Sachant que ceux-ci sont majoritairement financés par des organismes publics comme Pôle Emploi. On paye là l'image négative de la filière transport de voyageurs. Cela alors que les demandes des entreprises du secteur sont toujours fortes.

MM : Aujourd'hui, comment gérez-vous la situation ?

AC : En premier lieu, il convient d'attendre la fin du confinement. Sans prorogation au-delà du 16 avril on peut espérer reprendre l'activité avec de la visibilité. Si le confinement est prolongé, on est dans l'inconnu. On ne sait pas non plus quelle sera la réaction des entreprises pour libérer leurs salariés à la fin du confinement, lorsque l'activité va reprendre brutalement.

MM : L'Etat vous-tient-il informé ?

AC : Pour les informations, nous avons le CNPA(1) et le syndicat des auto-écoles, mais nous avons aussi des conseils de la part des banques et de notre expert-comptable. Ce sont des sources fiables. Nos interlocuteurs, au niveau des représentants de l'Etat sont la DREAL(2) et la DIRECCTE(3). Ils nous donnent le peu d'information qu'ils ont à leur disposition.

  1. CNPA Conseil National des Professions de l'Automobile

  2. DREAL Direction Régionale Environnement Aménagement Logement

  3. DIRECCTE Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, Consommation, du Travail et de l'Emploi.