• Michel Chlastacz

La FNAUT préconise un transfert de l’avion vers le train


Le 7 mars 2020 à Paris, la FNAUT a présenté ses propositions pour un transfert nécessaire de l’avion au train. Au-delà de la vague récente de la « Honte de l‘avion » qui se développe en Europe du Nord, il s’agissait surtout pour la Fédération des usagers de démontrer que « le TGV est un concurrent efficace de l’avion ».

Tout en rappelant qu’en dépit de son rôle lourd dans le réchauffement climatique, l’avion bénéficie d’aides directes et indirectes non négligeables. En commençant par la détaxation du kérosène, carburant polluant s’il en est…

Dans ce domaine, la démarche de la FNAUT se nourrit des études de Jacques Pavaux, expert en transport aérien, qui a déjà réalisé pour la Fédération des études sur les « coûts cachés » et les aides publiques au mode aérien.

Durant cette conférence, il a développé la problématique des petites lignes aériennes régionales. Les LAT, comme « Lignes d’Aménagement du Territoire ». Un ensemble mouvant qui évoluerait au coup-par-coup, mais qui totaliserait plus de 500 M€ de subventions annuelles pour une douzaine de relations en ajoutant les sommes consacrées par l’État et les collectivités locales au financement des petits aéroports (70 sont déficitaires). Une conjonction d’aides qui atteint jusqu’à 200 €uros par passager pour certaines relations.

Jacques Pavaux a développé l’exemple de l’aéroport d’Agen*, dont la desserte vers Paris coûtait 194 € par voyageur avant l’arrivée à Bordeaux de la LGV-SEA. Le TGV dessert désormais la ville en 3 heures 14* avec 9 trains/jour, ce qui a fait chuter fortement le trafic de l’aéroport. Tandis qu’à Lannion, l’impact du TGV a finalement amené à la suppression de la liaison vers Paris.

Les raisons de la persistance de ces aides (voire leur accroissement avec la décision d’Élisabeth Borne de leur donner un coup de pouce en 2018) sont liées au poids des Chambres de Commerce en reflet de l’ego démesuré de certains chefs d’entreprises pour lesquels le mode aérien reste le plus prestigieux.

Le tout soutenu par des élus au nom d’un nécessaire « désenclavement », qu’on aimerait aussi voir s’appliquer au train et à l’autocar !

Face à l’avion, la FNAUT met en avant le TGV et « l’extension souhaitable du réseau des lignes nouvelles ». Elle s‘appuie sur les gains spectaculaires de parts de marché du train en comparaison de l’avion après création de LGV.

Et si la Fédération fait la promotion du train de nuit classique, elle note ses limites de capacité et, surtout, de temps de transport comparés à l’avion.

Aussi, la FNAUT met en avant l’intérêt des réflexions à lancer sur le « TGV de nuit du futur », un « sujet d’innovation plus réaliste et plus utile que l’hyperloop », ajoute-t-elle...

* À comparer avec la pub Chalair sur « la vraie grande vitesse Paris-Agen en 1 h 35 de vol », hors acheminements de et vers l’aéroport et temps de contrôles, oublie-t-elle de préciser...