• Michel Chlastacz

Gisors-Serqueux sous pression des associations


Entre Île-de-France et Normandie, l’électrification de la ligne Gisors-Serqueux (50 km) s’affiche comme une opération essentiellement fret* avec des travaux qui s’achèveront à l’automne 2020.

Mais elle mobilise toutefois fortement les associations de voyageurs en raison de ses retombées TER, voire grandes lignes ou plutôt grandes distances.

Pourtant ces aspects étaient marginalement mis en valeur lors de la concertation préalable au projet mené en 2012, alors qu’ils ont resurgi au fil des travaux. En même temps que de nombreuses craintes se sont ravivées.

Le 29 mars 2016 le Conseil municipal de Gisors, qui voit l’intérêt d’une relation directe Gisors-Rouen (voire Paris-Rouen bis, ndlr.) refuse que le développement fret se fasse au détriment des voyageurs, puisqu’on prévoit d’emblée 25 trains fret /jour, à comparer aux 26 Transilien de la branche Gisors-Paris de la ligne J.

L’avis défavorable des élus se fondait alors sur la crainte d’une nouvelle dégradation des relations Gisors-Paris (68 km) dont la durée est passée de 55 minutes à 1 heure 11 en moins de deux décennies.

Pour l’Association des Usagers révoltés de la ligne J, la branche Pontoise-Gisors de la ligne est « sacrifiée en cas de perturbations car elle ne représente que 5% des flux » (13 000 voyageurs/jour tout de même, ndlr. !). Mais l’opération est « une chance (avec une meilleure maintenance des infrastructures en cours actuellement, ndlr.) et l’assurance d’une pérennisation de la ligne ».

Si l’offre TER Gisors-Serqueux dépend de la Normandie, l’association milite pour que les riverains soient « récompensés » par une liaison ferroviaire stable et pérenne vers Serqueux et Paris (et) « de bonnes correspondances à Gisors » !

La FNAUT, qui a gagné en 2002 et 2006 ses recours en justice contre la fermeture de la ligne, demande la réouverture totale de la ligne et la réactivation de Serqueux-Dieppe, pour créer un itinéraire Paris-Dieppe plus court que via Rouen et allègeant le nœud ferroviaire rouennais...

* Il s’agit de créer un itinéraire dédié fret Le Havre-Paris qui réutilise la plus grande partie de l’ancienne ligne Paris-Pontoise-Gisors-Serqueux-Dieppe.