• Hubert Heulot

Grève de tous les métiers de la Route


En ce lundi 16 décembre 2019, les transports publics vont souffrir un peu plus. La CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et FO appellent à la grève aujourd’hui dans toute la branche Route*.

Employés du transport de marchandises et aussi, parmi d’autres, des sociétés d’autocars sont appelés à arrêter le travail pour réclamer l’amélioration de leurs salaires et conditions de travail. Un conflit rare, sous ce format.

Du côté de la CFDT, la grève a été lancée bien antérieurement « pour dire stop à l’hémorragie de conducteurs », et réclamer : « de vraies revalorisations salariales, la généralisation du 13e mois, l’amélioration des conditions de travail, un permis de conduire professionnel et le maintien du Congé de fin d’activité (CFA) ».

Dialogue social à l’arrêt

Cette grève intervient alors que le dialogue social est à l’arrêt dans la branche depuis deux mois. « Les patrons ne cessent de pleurer sur le manque d’attractivité de nos métiers mais ne font aucune proposition sérieuse pour l’améliorer. Ce n’est pas en passant le permis à 18 ans et en envoyant les conducteurs de cars livrer des pizzas entre leurs services scolaires qu’on y arrivera », explique Charles Morit, au nom de la seule CFDT du Transport de Voyageurs.

Il fustige donc l’absence de dialogue social et d’avancées dans les négociations en cours sur les contrats à temps partiel, sur les transferts de personnel entre entreprises à la fin des contrats de transport (sujet particulièrement sensible dans la région parisienne), dans les négociations salariales.

« Dans le transport de voyageurs, nous sommes pas les moins bien lotis. Dans le transport de fonds, par exemple, il n’y a pas eu d’augmentation depuis cinq ans, explique-t-il. Mais nous, on nous serine toujours le même refrain : les autorités organisatrices n’ont plus de sous. Elles n’auront plus le choix quand on supprimera du transport scolaire faute de conducteurs ».

Fin octobre, les syndicats ont aussi stoppé, de leur côté, les négociations, pour faire pression sur l’Etat qui a « oublié » d’organiser les moyens financiers du dialogue social**. Oubli qu’il semble sur le point de réparer.

Les camionneurs vont donner le LA

Le mouvement de grève ne doit durer qu’une journée. « Un coup de semonce », veut croire Charles Morit, même s’il avoue aussi que ce ne sont pas chez les conducteurs de cars, « les plus précaires », que les bataillons de grévistes vont être les plus nombreux.

Par ses effectifs, le transport de marchandise va donner le LA de la mobilisation.

« L’impact sera minime dans le transport de voyageurs, prédit de son côté, Jean-Sébastien Barrault, président de la Fédération Nationale du Transport de Voyageurs. Tout simplement parce que le dialogue social existe dans notre secteur et parce que sur tous les points aujourd’hui en suspens, nous sommes prêts à reprendre la négociation. Nous avons les mandats pour faire des propositions : sur les salaires, sur les transferts, sur les contrats en période scolaire que nous voulons refondre et même sur le temps partiels de façon plus générale ».

*transports routiers de marchandises, maritimes, urbains, collectifs de voyageurs, fluviaux, sanitaires, transports de fonds, taxis, ambulances, secteur de la propreté, des voyages de tourisme.

** L’extension de l’accord de 2018 sur le financement du dialogue social.

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