• Jean-Philippe Pastre

Les enfants devront-ils apprendre le roumain ?


La Fédération Nationale des Transports de Voyageurs se bat pour revaloriser l'image de la profession auprès des élus et du grand public, alors, la mésaventure évoquée par Le Dauphiné Libéré et en première page du journal Le Progrès de l'Ain le 2 décembre 2019 ne peut plus mal tomber.

D'après ces deux quotidiens, des conducteurs ne parlant pas français effectuent des services scolaires sur les secteurs du Bugey et du Nord Isère depuis la rentrée scolaire 2019.

Selon des représentants de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE) ou de l'Association Nationale pour les Transports Educatifs de l'Enseignement Public (ANATEEP) interrogés, il y a déjà eu plusieurs dysfonctionnements depuis septembre 2019, date où le groupe Transarc, via sa filiale Segui basée à Montalieu-Vercieu et Virignin, a initié les services suite à l'attribution d'appel d'offres en leur faveur.

Les quotidiens régionaux, et la FNTV AuRA, évoquent « de nombreux incidents de ligne, oublis d'arrêts avec des enfants, retards, erreurs d'itinéraires ou de ligne scolaire ».

Evidemment, la FNTV dénonce ce type de pratique « qui pose de véritable question en terme de sécurité ». La FNTV ajoute, face à l'argumentaire développé par les autorités organisatrices ayant confié ces marchés (Conseils Départementaux de l'Isère et de l'Ain) qu'il « est par ailleurs absolument vain de faire un parallèle entre la pénurie actuelle de conducteurs et ces recrutements. En effet, tous les professionnels font face à cette problématique sans pour autant sacrifier la sécurité des enfants ».

Loin de jeter la pierre sur le seul bénéficiaire du marché, la FNTV AuRA « alerte les différentes autorités organisatrices de transport sur la nécessité de faire évoluer le cahier des charges dans les appels d'offres en imposant la pratique courante du français pour les métiers de la conduite de voyageurs ».

L'embarras, voire le courroux de la FNTV vient surtout du fait que « ce genre de pratique risque de jeter un discrédit total sur l'ensemble de la profession ».