• Pierre Cossard

Black Thursday dans les transports


Le monde anglo-saxon a inventé, et massivement exporté, le concept de Black Friday. La France réussira-t-elle le même coup d’éclat avec le futur Jeudi Noir que nous promet d’être le 5 décembre 2019 ?

Initiée à l’appel de plusieurs centrales syndicales pour marquer leur opposition au projet de réforme générale des retraites porté par le gouvernement, cette journée de mobilisation semble avoir réussi à agréger l’ensemble des mécontentements sociaux - et patronaux, si l’on considère à minima les agriculteurs, les dirigeants du BTP et ceux du transport de marchandise - qui secouent désormais l’Hexagone.

Pour ne considérer que le transport de voyageurs, la journée risque d’être placée sous le signe de la marche à pied, du vélo, des embouteillages, au mieux du télétravail. Les prévisions générales, désormais officielles, sont en effet particulièrement révélatrices :

  • 90% du trafic total de la SNCF annulé, avec des disparités selon les régions ;

  • 97% des TER ne circuleront pas (des bus de substitution devraient assurer ¼ du trafic) ;

  • Entre 2 et 4 RER par heure en Ile-de-France aux heures de pointe ;

  • 11 lignes de métro totalement fermées à Paris ;

  • 1 bus sur 3 en moyenne sur le réseau Ile-de-France ;

  • 20% des vols annulés sur le territoire ;

  • Sans compter La Poste, l’Education Nationale, EDF, etc.

Seuls gagnants, peut-être, de cette journée, les différentes sociétés de covoiturage, les services d’autocars qui viendront à certains endroits se substituer aux vides laissés par la SNCF, et les autocars longue distance, dont la fréquence sera augmentée, mais dont les places semblent déjà toutes vendues…