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  • Hubert Heulot

GART : le manuel de la gratuité éclairée


Alors que la gratuité des transports publics s’annonce comme l’un des « beaux débats » des prochaines élections municipales, le GART (Groupement des Autorités Responsables de Transport) vient de dévoiler, aux 27e Rencontres Nationales du Transport Public, à Nantes, un rapport qui devrait permettre aux candidats de mars prochain d’aborder le sujet sérieusement.

Louis Nègre, président du GART.

C’est un pavé de plus de 300 pages intitulé Gratuité des transports publics pour les usagers : une étude du GART pour objectiver le débat. Il analyse les expériences de gratuité engagées en France depuis vingt ans. De la plus ancienne à Compiègne, jusqu’à Dunkerque. Une trentaine de ville au total soit un réseau de transport sur dix. « Nous avons demandé à un cabinet spécialisé de travailler sur la question pour savoir quoi en penser », rappelle Louis Nègre, le président du GART. A travers cette étude, le GART relativise désormais l’opposition de principe qu’il avait exprimée jusqu’ici face à la gratuité.

L’enquête relève d’abord la multiplicité des « gratuités ». Louis Nègre en évoque 1000, le matin, le soir, le week-end, en cas de pollution, pour certaines populations, etc. Que l’on retrouve dans les tarifications solidaires.

Mais s’agissant de la gratuité intégrale, la première conclusion de l’enquête est qu’elle représente un choix hautement politique. « Le GART est totalement neutre sur la question. Ce sont bien les autorités qui déterminent les politiques de leur choix chez elles. Parce que la gratuité n’existe pas dans l’absolu. C’est bien aux élus de choisir ce qui est un transfert de charges de l’usager des transports vers le contribuable. Et d’apprécier si ce transfert est compatible avec les autres données de gestion d’un réseau, l’état du parc, le montant des recettes abandonnées, la masse salariale », précise Louis Nègre.

Attention au MEDEF

Seconde conclusion : la gratuité se comprend d’autant mieux que les recettes de billetterie sont peu élevées. Quand elles ne représentent qu’une petite part du financement du réseau. C’est d’ailleurs dans ces cas de figure que les villes l’ont généralement choisie en France. Avec un ratio tournant autour de 10%.