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  • Michel Chlastacz

Le projet Gare du Nord fait polémique


Une véritable levée de boucliers se manifeste contre le projet de transformation de la Gare du Nord depuis que ses grandes lignes ont été portées à la connaissance de l’opinion.

Ce projet, concocté par le groupe SNCF associé à Ceetrus, filiale du groupe Auchan, a l’ambition de créer un « lieu de vie ». Traduction de cette novlangue chère à nos décideurs, il s’agit surtout d’associer à la gare un grand complexe commercial et de bureaux (20 000 m2 au total). Une opération destinée à rentabiliser un espace urbain central où passent 700 000 voyageurs par jour.

Cette démarche, amorcée en France dès les années 1930*, s’est développé en Allemagne et surtout au Japon où, sous l’impulsion des compagnies ferroviaires, les gares ont été littéralement noyées dans de gigantesques complexes commerciaux et immobiliers, quitte à compliquer leurs fonctionnalités...

Le projet de la gare du Nord fait-il courir un tel risque ? Associations d’usagers et riverains se sont inquiétés de ses conséquences sur les accès de la gare et des bouleversements liés aux travaux.

Désormais, c’est le tour d’un collectif de grands noms de l’architecture, de l’urbanisme et de l’histoire de l’art de tirer la sonnette d’alarme dans Le Monde du 4 septembre 2019, pour dénoncer à la fois « une grave offense aux usagers du transport [une] grave erreur urbaine [et un] projet inacceptable sur le plan patrimonial. D’abord, les usagers du transport sont pénalisés [puisqu’on leur] interdirait l’accès direct aux quais [en les obligeant] à traverser des espaces commerciaux au prix de parcours allongés et inutilement compliqués », et à emprunter des escaliers, des passerelles et des ascenseurs.