• Jean-François Bélanger

La vallée de Chamonix, laboratoire de la transition énergétique


Avec une situation sans doute plus sensible que d’autres en matière d’environnement, les Vallées de Chamonix et de l’Arve mobilisent des moyens conséquents pour se défendre contre les changements climatiques. Ils sont observés avec attention par le gouvernement.

Pour défendre les neiges éternelles et lutter contre la disparition des glaciers, la mobilité durable a été érigée en stratégie globale du territoire par la Communauté de Communes de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc. Cette stratégie se décline en quatre volets.

Avec pour cadre une délégation de service public (DSP 2014/2022) signée avec Chamonix-Bus (Transdev), l’intégralité du parc de véhicules s’est mise en conformité avec le Plan européen de Protection de l’Atmosphère. Il est constitué de bus de grande capacité, à motorisation hybride, desservant trois des quatre communes de la vallée.

Sur la période de la DSP, le budget transport s’élève à 5,5M€. Les « mulets » (en référence à la desserte historique chamoniarde) sont des navettes gratuites d’une vingtaine de places, 100% électriques, qui les complètent à Chamonix.

Le Mont-Blanc Express est exploité conjointement par les réseaux TER français et TMR suisse. Ce service ambitionne de transporter plus d’un million de voyageurs. Pour y parvenir, 150 M€ sont engagés, sur une période de 15 ans, avec la phase 2 qui vient juste de démarrer.

D’autres aménagements vont venir compléter ces modes lourds, en partenariat avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le département de Haute-Savoie, la Communauté de Communes a investi 5,5 M€, depuis quatre ans, pour la réalisation qui est en cours d’achèvement de plus de 9 kilomètres de véloroute, entre Chamonix et Les Houches.

Enfin, la mobilité électrique va être encouragée à Chamonix, avec l’installation de 4 bornes double de recharge. Les propriétaires de véhicules bénéficieront d’une tarification spéciale. De même, la collectivité va acquérir une dizaine de véhicules électriques, grâce à un partenariat avec BMW.

C’est dans ce contexte qu’Eric Fournier, président de la Communauté de Communes de la Vallée de Chamonix-Mont Blanc, a tenu à repréciser à la ministre des Transports, Elisabeth Borne, en marge de la commémoration des 20 ans de la catastrophe du tunnel sous le Mont-Blanc, tout l’intérêt qu’il portait à la réalisation du tunnel transalpin et de ses accès, de façon à réaliser une autoroute ferroviaire digne de ce nom, « le seul moyen susceptible de concrétiser un véritable report modal de la route vers le fer ».

Il faut dire qu’Eric Fournier connait bien le dossier du Lyon-Turin puisqu’il fut, de 1999 à 2002, vice-président du conseil régional Rhône-Alpes, en charge des Transports. « Nous souhaitons faire de cette vallée, une vallée laboratoire de transition écologique », a-t-il argumenté.