• Michel Chlastacz

La Russie relance l’idée de la voie large vers Vienne


Les « ponts euro-asiatiques » continuent de faire parler sur fonds de pression grandissante des échanges et de la nécessité de trouver des alternatives terrestres au transport maritime de masse qui occupe aujourd’hui 95% du marché. Quitte à relancer de temps à autre des projets un moment mis de côté.

C’est ce que vient de faire Wladimir Tokariev, vice-ministre russe des Transports chargé des chemins de fer avec son homologue autrichien, Andrea Reichhardt, lors d’une conférence internationale tenue à Vienne. Les deux ministres ont mis en balance la part du transport maritime et de ses temps d’acheminement (30 à 35 jours de trajet) avec l’intérêt accru du transport ferroviaire et ses délais considérablement raccourcis (15 jours).

Ce qui renforcerait l’idée de la création d’une ligne à voie large russe (1,524 m) jusqu’à Vienne, via l’antenne existante à voie mixte (1,435 et 1,524 m) d’une longueur de 85 km qui, venant d’Ukraine, arrive à Kosice dans l’est de la Slovaquie. S’ajouteraient, parallèlement aux lignes existantes, 400 kilomètres de voies supplémentaires à écartement large jusqu’à Bratislava et à Vienne, où serait installé un centre intermodal.

« Un projet estimé à 6,6 Mds€, qui pourrait être lancé dès 2025 pour une mise en service en 2033 », estime Heinz Gschnitzer, réalisateur de la nouvelle gare centrale de Vienne.

Les chemins de fer russes transportent 600 000 conteneurs par an issus du transit Chine-Europe. D’ici 2025, ils veulent tripler ce chiffre et accélérer le transit en passant de 1150 km à 1500 km/jour.

* Comme entre Ukraine et Pologne avec les 391 km de la ligne LHS menant au bassin industriel de Silésie.