• Michel Chlastacz

Le très politique contrat d’avenir transports des Pays de la Loire


Le 8 février 2019 à Nantes, la solennité républicaine était au rendez-vous dans la capitale régionale des Pays de la Loire pour signer le Contrat d’avenir entre l’État et la Région. Un événement qui réunissait un très large et exceptionnel aéropage gouvernemental : Premier ministre Édouard Philippe en tête, accompagné de François de Rugy, et d’Élisabeth Borne, ministres de la Transition écologique et des Transports.

Pourtant, le contenu de ce contrat donne, côté transports collectifs, l’impression d’une remise à jour du CPER 2016-2020, assorti, il est vrai, de quelques « coups de pouce ».

On y retrouve ainsi un grand nombre de projets déjà actés, comme le « contournement ferroviaire des sites industriels de Donges », et les travaux de remise à niveau de la section dégradée La Roche-sur-Yon-La Rochelle de la transversale Nantes-Bordeaux, avec une première étape réalisée cette année « pour la rénovation complète de l’une des deux voies (avec l’installation) de deux dispositifs de croisement ».

Toutefois, en dépit de l’effet d’annonce, la part de l’État en Pays de la Loire ne passe que de 44 à 46 M€ par rapport au projet CPER, en dépit de la pose prévue d’une « signalisation de nouvelle génération ».

Le cas de la voie supplémentaire Massy-Valenton cette fois mise en avant pour « augmenter les capacités d’accès aux plates-formes aéroportuaires de Roissy et d’Orly » est en fait un projet national SNCF Réseau, tandis que les liaisons ferroviaires avec la Bretagne s’enrichissent de l’étude d’un « barreau de ligne nouvelle entre Rennes et Redon », et de « l’opportunité du passage en ETRMS 2 » offert par l’opération d’amélioration de la signalisation déjà prévue sur la section Nantes-Savenay-Redon.

Selon la même démarche, les travaux de régénération - déjà programmés par SNCF Réseau - sur diverses sections de la ligne Le Mans-Nantes s’enrichissent d’une « mise (à certains) standards LGV », comme l’installation de clôtures, plus de la pose à terme de l’ERTMS 2… Opération figurant au plan ad-hoc de SNCF-Réseau !

Il est vrai que ce plan est lié à la décision d’abandon du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes prise par le gouvernement en janvier 2018, comme le rappelle le préambule du Contrat en évoquant la promesse de « nouvelle contractualisation avec les deux régions » (Bretagne et Pays de la Loire).

Pourtant, si des mesures sont évoquées en faveur de l’aéroport de Nantes-Atlantique (insertion environnementale, plan de « gêne sonore », fonds de compensation des nuisances), son accessibilité ne fait l’objet que d’une simple mention.

Elle indique que « le gouvernement accompagnera les études pour améliorer la desserte (de l’aéroport de Nantes Atlantique) par voie de transport ferré ou routier ». Dont la seule mesure concrète concerne, dans le cadre de travaux d’urgence, l’ « augmentation de la capacité de stationnement automobile dès l’été 2019 » !