• Hubert Heulot

Plus de confort debout dans le prochain tram nantais


Elle remplacera les premières rames Alstom par lesquelles, en 1985, Nantes a été si fière d’avoir été la première à relancer le tramway en France. La présentation, le 5 mars 2019, de cette quatrième génération locale - il y a eu les Bombardier en 2000, et CAF en 2012 - a donc donné lieu à des nouveautés marquantes, même si l’on n’a parlé que de design.

La première tient à la conception des rames faites en partie avec les usagers, une quarantaine, de différents profils, sollicités l’été dernier. Ce qui débouche sur une demande principale : du confort en dehors des places assises dont le nombre, sous forme de sièges fixes diminue, remplacés par nombre de strapontins.

Donc, en station debout, les appuie-dos ou fesses (appuis ischiaques) ou tablettes pour poser les bras en regardant à travers les vitres ont pour but de le trouver un peu partout. La multiplication des barres d’accroches, à toutes les hauteurs, aussi.

Cette évolution dans le design intérieur rejoint la deuxième mission assignée au futur tramway nantais. Il devra transporter plus de monde : 50 personnes de plus, jusqu’à 300 par rame. Il est rallongé pour cela de 20%, soit environ 8 m. Les aménagements intérieurs choisis montrent qu’il s’agit de leur apporter plus de confort même quand les rames sont bondées.

Pour le reste, les rames sont conçues pour apporter une plus grande facilité à y circuler et à y être informé.

Toutes les portes sont doubles pour entrer et sortir plus facilement et plus vite. Elles sont traversées dans toute leur largeur de barres sensibles pour déclencher leur ouverture plus facilement qu’en appuyant sur un bouton. A l’entrée, pas moins de quatre valideurs attendent pour que badger même en période d’affluence sans avoir besoin d’y revenir et de fendre la foule à rebours pour cela. Les espaces intérieurs sont libérés au sol, autant que possible. Tout cela privilégie le mouvement.

Deux emplacements pour vélo, deux emplacements pour fauteuils roulants, ce sont les seuls aménagements particuliers prévus.

Originalité, les informations données aux voyageurs emprunteront des bandes-écrans tout au long de la rame, plutôt que de s’afficher sur des panneaux mobiles, perpendiculaires au sens de la marche et installés de loin en loin.

Le cabinet RCP, chargé de ce nouveau design, insiste sur le corps tout en verre du nouveau tramway, sauf à ses extrémités. Quand elle existe, l’absence de transparence n’est là que pour cacher les « fonctionnalités ».

« Ce corps vise à le rendre presqu’immatériel pour favoriser la contemplation de la ville-jardin par les voyageurs », ajoute-t-il. Ce qui fait écho à la volonté de Johanna Rolland, maire de la ville, d’instaurer la nature en ville. « Le tramway est lui-même un élément du paysage nantais, un élément de l’esprit des lieux », explique Johanna Rolland.

Et le cahier des charges design du cabinet RCP est inclus dans celui global transmis aux candidats de l’appel d’offres en cours, à l’intention des constructeurs pour un choix qui doit être arrêté à la fin de l’année.

Les premières rames du nouveau tramway devraient circuler en 2022. Mais il faudra attendre 2025 pour qu’elles « poussent à la retraite » les premières rames Alstom de 1985. Restaurées depuis 2010 pour durer 40 ans.

Nantes va commander 61 rames en un marché de 234 M€. Soit 46 rames pour remplacer la moitié de son parc de tramways actuels, et 15 de plus pour donner un peu d’air à son réseau et pour rouler sur deux nouvelles lignes qu’elle a en projet d’ici 2026.