• Michel Chlastacz

LGV Berlin-Munich : triomphe voyageurs et fiasco fret


En une année, la ligne à grande vitesse Berlin-Munich, le plus grand investissement ferroviaire réalisé depuis la réunification allemande (10 Mds€), a permis de doubler le trafic ferroviaire entre les deux métropoles, qui est passé de 2,5 à 4,9 millions de voyageurs.

Un succès qui était déjà perceptible à peine plus de six mois après la mise en service, quand le cap de deux millions de voyageurs avait été franchi.

Il est vrai qu’en réduisant à moins de quatre heures le temps de trajet, tout en offrant pas moins de 20 trains allers-retours quotidiens (dont 6 directs de bout en bout avec les nouveaux ICE Sprinter), la Deustche Bahn avait d’emblée, et donc avec raison, « mis le paquet » sur la nouvelle relation.

Seul bémol, le trafic fret. La ligne a été conçue pour une mixité des circulations entre les rames automotrices à grande vitesse à 300 km/h, les rames tractées classiques par locomotives à 200 km/h et les trains de fret ultra rapide à 160, voire 200 km/h.

Dans cette optique, la capacité fret de la LGV était dimensionnée pour 70 trains/jour mais avec des convois ne pouvant dépasser 1200 tonnes ce qui limitait le trafic possible aux trains légers type conteneurs ou messageries rapides. Alors que cette limite de charge s’est avérée réductrice, se sont ajoutés les temps d’attente des trains de fret sur les voies d’évitement pour laisser passer les ICE, et le manque de locomotives équipées de l’ERTMS …