• Michel Chlastacz

Sud PACA-SNCF : une convention et des questions


Le 17 janvier 2019, Renaud Muselier, président de la région Sud-PACA, et Guillaume Pepy, président de la SNCF ont signé un « Protocole d’accord de la future convention d’exploitation des services ferroviaires de la région Sud 2019-2023 ».

Il fixe les priorités « pour rétablir durablement et développer un service régional de transport ferroviaire de qualité. Au-delà des congratulations mutuelles, la tâche sera rude. Qu’il s’agisse de l’effort à effectuer sur la régularité des trains, de l’offre de transport à mettre en œuvre, des objectifs de fréquentation à atteindre, de la sécurité à offrir et des coûts à maintenir ».

Côté régularité, la région affiche les pires résultats nationaux. Avec 1% de trains « déprogrammés », 3% de trains « annulés en dernière minute » et 21% de trains « en retard de plus de cinq minutes », deux fois plus que la moyenne nationale.

Et si 2018 a vu une amélioration avec un taux de retard de 18%, l’objectif de 10% en 2020 est un véritable défi, en dépit de l’épée de Damoclès d’un bonus-malus de 4 M€ pour la SNCF.

D’autant que s’ajoutent des objectifs d’offre élevés, avec, dès 2020, 4 trains/heures sur Cannes-Nice-Monaco, Marseille-Toulon et Marseille-Miramas, et la même cadence en 2022 sur Marseille-Aix.

Côté fréquentation, l’objectif de 10% de trafic supplémentaire semble modeste. Puisque les années 2015-2017 avaient vu celle-ci progresser de 6,6%, et que l’acquisition de 5 rames Regiolis supplémentaires apportera un peu de souplesse… si la maintenance s’améliore. Mais la Convention ne fixe aucun objectif dans ce domaine, où la région ne brille guère par ses performances !

Côté services et sécurité, on attend les effets - notamment sur la fraude - du renforcement de la présence de personnels SNCF fixes et mobiles en gares et dans les trains, de l’équipement de dix gares en systèmes de contrôle automatique, et du triplement des effectifs de police ferroviaire depuis 2016. Ses équipes seraient surtout orientées sur les lignes dites sensibles (Marseille-Aix et Grasse-Cannes-Nice).

Côté coûts, l’objectif s’assortit d’une curieuse « trajectoire financière ». Quoique qualifiée d’« économe », elle aboutit à une facture de 359 M€, en hausse de 29,7%. Car si la contribution régionale aux services TER diminue de 7,9% (255 M€ au lieu de 276,75), la région prend à sa charge 104 M€ d’investissements !

Le protocole prévoit enfin la « préparation de l’ouverture à la concurrence ». Elle sera lancée dès 2020, avec de premiers contrats conclus en 2021 elle verrait le commencement des nouveaux services ferroviaires en 2023, dernière année de validité de la convention.