• Michel Chlastacz

2019 : dernière photo des trafics avant Covid



09/02/2021 - « Plus haut tu montes, plus dure sera la chute ». Le proverbe illustre l’évolution récente des trafics ferroviaires analysée par l’Autorité de Régulation des Transports, dans son quatrième bilan annuel du marché français du transport ferroviaire* qui couvre l’année 2019.


Un bilan enrichi de nouveaux indicateurs qui informent notamment sur « les caractéristiques et l’utilisation des petites lignes, l’ouverture à la concurrence des marchés ferroviaires, la complémentarité des lignes aériennes et ferroviaires domestiques ». On constate aussi la nouvelle prise en compte des trafics ferroviaires de la RATP (RER).


L’année 2019 est caractérisée par une forte augmentation de l’offre et des trafics. Alors que les trafics voyageurs intérieurs tous modes confondus ont stagné (+ 0,2%), le trafic ferroviaire s’est accru de 4,7% en v.km.


Et cela en dépit des mouvements sociaux de la fin de l’année 2019 qui ont pourtant fait baisser l’offre de 25% alors que les trafics n’ont cependant reculé que de 15% au dernier trimestre.


A côtés des différents segments de trafics, si le secteur des TGV nationaux est en repli de 2%, les services internationaux - TGV inclus - ont bénéficié d’une augmentation de 2,3%.


Le TER à l’honneur


Mais ce sont les TER qui ont porté le marché avec une progression des trafics de 10,6% et une offre en hausse de + 3,7%. Ce qui aboutit à un meilleur taux de remplissage, puisque l’offre TER est restée encore inférieure à celle de 2017.

Cette hausse de l’offre TER est générale (exception faite de Sud-PACA) avec des pointes en Bretagne, en Bourgogne-Franche-Comté, dans les Hauts-de-France (ici liée en partie à la reprise des services TET), en Occitanie et dans les Pays de la Loire.


En revanche, l’impact des grèves du dernier trimestre 2019 est plus fort en Île-de-France, où l’offre ne s’est accrue que de 0,6% et les trafics de 1,2%, même si le poids de la région-capitale reste dominant dans le segment des « trains du quotidien » avec 19,5 MM de v.km en regard des 15,2 MM de v.km des TER des autres régions.


Les trains étaient à l’heure…

Cela sur un fonds de meilleure ponctualité globale, puisque 89% des trains accusent moins de cinq minutes de retard (87% en 2019) et 91% des TGV ont eu moins de quinze minutes de retard (93% en 2018).


Autre volet du document, l’analyse des résultats du premier semestre 2020 et donc de l’impact de la première vague du Covid-19.


L’ART constate un recul de 37% de l’offre voyageurs, et de 20% de celle du fret (soit 36% de l’ensemble), l’offre des trains d’Île-de-France (- 37%) étant moins affectée que celle des TER (- 55%) et des TGV et InterCités (- 70%).


Du côté des fréquentations voyageurs, pour ne citer que les réseaux européens aux plus forts trafics, l’ART constate que le recul atteint 79% des v.km en France, contre 67% en Allemagne, 85% en Italie, 87% en Espagne, 93% au Royaume-Uni et 70% en Pologne.


* « Le marché français du transport ferroviaire en 2019 », ART Paris 2021, 116 pages.