• Michel Chlastacz

Simplification du RER D : bonne solution au mauvais moment ?


La desserte sud du RER D, annoncée par la SNCF et la région Île-de-France, vise à améliorer un service de plus en plus dégradé en matière de ponctualité. Elle concentre les flux sur le tronc Paris-Corbeil/Melun qui supporte l’essentiel d’un trafic accru de 30 % en quinze ans (615 000 voyageurs/jour).

On vise à une simplification en réduisant le nombre de bifurcations pour augmenter les capacités et la fluidité de l’itinéraire principal, afin d’aboutir à une ponctualité de 90 %. Itinéraire désormais « étanche à ses branches afin d’éviter les croisements », au prix de correspondances.

Il faut « dénouer » le nœud de Corbeil, où se rencontrent trois branches de la ligne, complexifiant son exploitation. Au sud-ouest vers Malesherbes, vers Melun en parallèle avec la branche principale de l’autre rive de la Seine, et au nord vers Juvisy à la rencontre du RER C.

Avec cette desserte, créée en partenariat avec la région et IDF Mobilités, on vise des améliorations rapides, investissements en matériels et en gestion du trafic à la clé. Ce qui ne règle pas les problèmes d’infrastructures d’une ligne créée sans plan d’ensemble par réunion de sections disparates. Un phénomène que résume la complexité des flux en gare de Corbeil, désormais dissociés, faute d’infrastructures pour les fluidifier…

Et ce alors que les voyageurs périurbains sont de plus nombreux à alimenter ces branches « coupées », serait-ce un mauvais signal au mauvais moment ?