• Christine Cabiron

Calais : transports gratuits en 2020


Les élus de l’agglomération de Calais ont voté à l’unanimité la gratuité des transports publics pour 2020. Pour financer cette mesure, l’autorité organisatrice - le SITAC - va revoir certains projets, comme le bus à haut niveau de service.

En janvier 2020, les 105 000 habitants de l’agglomération de Calais pourront prendre les transports publics sans être obligés de s’acquitter d’un titre de transport. Cette décision a été votée le 26 novembre 2018 à l’unanimité par les élus des 10 communes qui composent cette collectivité.

« La gratuité des transports publics était en réflexion depuis longtemps. Nous envisagions de l’instaurer tout d’abord pendant les week-ends puis lors des vacances scolaires », explique Philippe Mignonet, président de commission transport de l’agglomération et du SITAC, l’autorité organisatrice.

« Or, la mobilisation citoyenne des gilets jaunes nous a poussé à la prendre plus tôt que prévu ». L’objectif des élus est d’apporter une réponse pour améliorer à la fois le pouvoir d’achat des Calaisiens et la mobilité. « Une strate de la population n’a pas de voiture, ce qui est un frein pour accéder à l’emploi ».

Le BHNS revu et corrigé

Actuellement, le réseau Imag’IN, opéré par Transdev jusqu’en 2024, transporte 4 millions de voyageurs par an. Ce qui représente 2 M€ de recettes commerciales, dont 60 000 € sont issus de la publicité. Un service public dont le coût de fonctionnement est de 13 M€/an.

Le coût de la gratuité, en cours de chiffrage, sera finalisé en janvier 2019. « Cette mesure ne sera pas financée par une hausse des impôts locaux », affirme l’élu. « Notre volonté d’améliorer l’offre de transport et de la développer reste d’actualité ». Ainsi, Transdev travaille à une restructuration de l’offre (qui sera augmentée de + 13 %) en lien avec le pôle d’échanges multimodal aménagé à la gare. Ce projet doit voir le jour fin 2020.

« Par contre, d’autres projets seront remis en question ». Allusion à la ligne de bus à haut niveau de service programmée pour 2020 et 2025. Celle-ci devait être déployée sur 9 km, dont 6 km en site protégé.

« Dans certains secteurs, des aménagements urbains et des dispositifs tels que des carrefours à feux avec détection des bus ou la géolocalisation, faciliteront la circulation des bus sans qu’il soit pour autant nécessaire de réaliser des travaux très lourds ». Par ailleurs, les opérations de rénovation de façades à façade seront annulées.

Initialement, le coût de la ligne de BHNS était de 43,3 M€. Un investissement financé notamment par l’augmentation du versement transport, dont le taux a été porté à 2 % en 2016. Cet impôt prélevé auprès des entreprises de plus de 11 salariés génère en moyenne 5 M€/an.

« Nous étudions les aspects juridiques car l’augmentation du VT avait pour objectif de financer le BHNS avec comme objectif un report modal vers les bus. Or, la gratuité va remettre en cause certains points de ce projet. Nous espérons obtenir des principes dérogatoires dans la mesure où la gratuité des transports collectifs va favoriser un passage vers la transition énergétique. C’est pourquoi, il faudra prévoir des évolutions législatives ».

3 M€ pour des bus hybrides

En attendant que cette question soit tranchée, la collectivité a déjà prévu d’investir 3 M€ pour acquérir 6 à 8 bus, dotés d’une motorisation hybride. Les appels d’offre seront publiés début 2019 pour des livraisons attendues en fin d’année. Actuellement, le réseau urbain est exploité avec une soixantaine de véhicules.

L’acquisition de ces nouveaux bus vise à absorber la hausse de la fréquentation attendue. « Nous pensons accroître le nombre de voyageurs de 70 % à 80 % en semaine », explique Philippe Mignonet.

Cette augmentation des moyens devra s’accompagner d’une maîtrise des coûts d’exploitation. Une demande en ce sens a été formulée auprès de Transdev qui va devoir retravailler l’offre pour la rendre la plus attractive possible. « L’objectif est de limiter l’impact de la perte des recettes commerciales et de la décision politique en optimisant au maximum le taux de remplissage des bus », résume Philippe Mignonet.