• Hubert Heulot

Nantes relance ses transports publics


Inflexion du contrat entre Nantes et sa société de transport : d’ici 2025, la ville demande à la SEMITAN, la société d’économie mixte qu’elle possède avec Transdev, d’augmenter fortement l’offre de transports publics et de développer les autres mobilités, en particulier le co-voiturage. C’est le sens de la délégation de service public qu’elle vient de lui confier à nouveau.

Du point de vue de l’offre de transports publics, la comparaison avec ces dernières années est édifiante. Comme si, après la construction du réseau de tramway, elles avaient été consacrées à un gigantesque effort de rationalisation, d’entretien, de réfection des lignes, de renouvellement du matériel.

En 2009, la Semitan s’était vue passer la commande de faire parcourir 1,5 million kilomètres de plus en six ans à ses véhicules. Elle en a ensuite fait faire près d’1 million de kilomètre supplémentaire, « sans que cela coûte plus cher à la collectivité », selon les termes de Pascal Bolo, son président. Economies, économies….

Beaucoup de km en plus

La nouvelle commande de Nantes à sa société de transport, pour les six prochaines années, est d’augmenter l’offre de 400 000 kilomètres de plus par an. Au total, près de 3 millions de kilomètres (10%) d’ici 2025. Mais fini le temps des « serrages de boulon » à tous les étages, le « forfait de charge » accordé par Nantes à sa société de transport augmentera lui de 20%. Alors que l’objectif financier du dernier contrat de DSP était « une meilleure maîtrise de l’évolution de la contribution de Nantes Métropole ».

Le renouvellement des matériels est déjà lancé. Les bus standards vont disparaître au profit des bus articulés. Les bus électriques arrivent l’an prochain. Les nouvelles rames de tramway, faisant l’objet d’un appel d’offres, seront plus grandes. L’objectif de toutes ces nouveautés est de continuer de faire progresser la fréquentation des transports publics à peu près au même rythme de 20% tous les six ans. Ce qui devrait conduire à 160 millions de voyageurs par an en 2025, sur le chemin d’une part de 14% dans les déplacements circulations en 2030, l’objectif du plan urbain de déplacements (PDU).

Tarifs modérés

Pour cela, autre inflexion majeure, les tarifs doivent augmenter simplement au rythme de l’inflation. Véritable changement de doctrine. Au tournant des années 2010, l’option prise, avait été, d’ajouter chaque 1% ou 2% à l’inflation pour fixer les nouveaux tarifs. Ce qui a permis à Nantes de franchir le cap des 40% du ratio recettes/dépenses de son réseau, le situant, de ce point de vue, parmi les bons élèves en France.

Cet effort résolu était engagé au nom de la « préservation des capacités d’investissement » dans les infrastructures de transports. Ce que Nantes se remet à faire. Avec la jonction (au Nord-Est) de ses deux lignes de tramway 1 et 2, elle franchit un grand pas dans le « maillage » de son réseau, mot d’ordre repris également pour dessiner l’architecture de ses lignes de bus rapides.

Co-voiturage

Mais la plus grande mission confiée à la Semitan se passe sur les routes. Désignée « coordinatrice de toutes les mobilités », la société de transport ne va pas simplement permettre au Nantais moyen de louer des vélos avec sa carte de transport public. Elle est chargée du nouveau service de co-voiturage attendu pour 2021. Bertrand Affilé, le vice-président aux transports de la Métropole veut qu’il fasse tomber des euros sonnants et trébuchant dans le porte-monnaie de ceux qui utiliseront leurs voitures.

La Semitan doit tout inventer sur le sujet. Sa mission est précise : faire en sorte qu’une voiture sur deux soit utilisée de façon partagée au lieu d’une sur quatre aujourd’hui. Un vrai défi !