• Jean-Philippe Pastre

Embarquez dans les électriques Mercedes-Benz


A la veille de l'ouverture à la presse du salon IAA2018 de Hanovre, Mercedes-Benz fait, comme de coutume, étalage de sa « puissance de feu » technologique. L'électrique a les honneurs, tant sur le eVito Tourer que sur l'autobus standard eCitaro.

Mercedes-Benz maîtrise à la perfection l'art de faire durer le suspense. Après la révélation du eCitaro au printemps dernier, et avant sa commercialisation effective en 2019, nous voici passagers à bord des derniers-nés de la marque à l'étoile animés par la fée électricité.

A tout seigneur tout honneur, le Mercedes-Benz eCitaro nous vaut le privilège d'une balade d'une demi-heure comme passagers. Vu de l'extérieur, la découpe noire autour des baies vitrées parvient à masquer habilement l'excroissance requise par l'encombrement des batteries au pavillon. Les carénages autour de la face arrière savent parfaitement « arrondir les angles » et dissimuler là-encore l'accroissement de gabarit.

Dans l'habitacle, peu de changements, hormis l'éclairage intérieur à diodes électro-luminescentes et les nouvelles jointures entre les éléments d'habillage et de carrosserie. L'insonorisation apparaît d'excellente facture. On apprécie la discrétion des bruits de transmission et de roulement. Les moteurs (pont ZF AVE130) et leurs réducteurs savent se faire oublier. Par contraste, on perçoit davantage ceux des portes et la ventilation de la pompe à chaleur. Laquelle prouve qu'elle fonctionne très bien en mode climatisation, même si, de l'aveu des représentants de la marque, ce mode entame l'autonomie (laquelle dépendra du nombre de packs batteries retenu, de 4 à 10 au total).


La suspension, si elle s'avoue ferme sur les petites irrégularités de chaussée, absorbe convenablement les déformations plus importantes et donne un excellent contrôle du roulis et du tangage. Une belle performance vu la masse additionnelle au pavillon, surtout sur un véhicule qui ne fut jamais conçu pour cela initialement. Le mode « roue libre » lié au lever de pied de l'accélérateur est très agréable pour les passagers. Bref, il nous tarde de découvrir, volant en mains, le comportement de ce nouveau venu qui apparaît malgré tout comme assez abouti.

Navette hotel et services à la demande pour le eVito

Le Mercedes-Benz eVito Tourer, dans cette version 8 places (7+conducteur), apparaît très basique. Pas tant dans sa sellerie, tout à fait convenablement rembourrée et présentée, mais par ses plastiques, brillants, noirs et durs. Pour un véhicule destiné à faire du réceptif ou des navettes d’hôtel, cela fait un peu désordre. La suspension apparaît également excessivement dure pour les passagers assis à la deuxième rangée arrière ; cela malgré les 150kg par pack de batterie installés sous le plancher.

Le silence est, ici aussi, impressionnant. Plus encore que dans le eCitaro, du fait de la parfaite jointure des encadrements de portes. Le volume habitable et l'espace dévolu aux bagages ne sont pas pénalisés par l'installation des batteries. Le confort est également pénalisé par le fait que dès le lever de pied, la récupération d'énergie s'active de façon assez sensible, reproduisant le frein moteur d'un moteur Diesel. Notez que ce eVito est à traction avant, ce qui épargne l'encombrement de l'arbre de transmission.

Le chauffage est assuré, ici aussi, par une pompe à chaleur et l'équipement prévoit, fort intelligemment un siège conducteur chauffant. Utile pour le confort du conducteur en hiver tout en préservant l'autonomie des batteries. Ce véhicule commencera sa carrière en Allemagne fin 2018, mais sa commercialisation en France, surtout dans cette version transport de personnes, ne fait pour le moment objet d'aucune communication.

A terme, Mercedes-Benz espère pouvoir le vendre en Allemagne autour de 50 000€.