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  • Michel Chlastacz

Trainline et concurrence : un sondage qui arrive opportunément

Le 27 juin dernier, le site de voyages Trainline présentait les résultats d’un sondage réalisé par Opinion Way sur le point de vue des Français en matière de concurrence ferroviaire voyageurs.

Les résultats confortent la réforme, puisque 68% des sondés sont favorables à l’ouverture à la concurrence, 29% y sont hostiles et 3% n’ont pas d’opinion. Cela alors que l’enquête montre l’attachement des Français au train, il est en effet jugé « attractif » à 69%, et considéré comme un « patrimoine national » à 83%.

Ces résultats méritent d’être analysés plus précisément et à plusieurs titres. D’abord en raison de la période de la réalisation du sondage (30 mai-1erjuin), alors que la grève SNCF devenait de moins en moins compréhensible aux yeux du public.

En raison également des sondés, puisqu’on amalgame ici les usagers - à diverses fréquences - du train avec ceux qui ne le prennent jamais. Soit près du tiers du traditionnel « échantillon » de sondage. Des personnes dont la perception du mode ferroviaire reste - au mieux - assez vague.

Autre particularité révélée par le sondage, le manque global de connaissance des conditions comme du calendrier de l’ouverture du marché ferroviaire à la concurrence. Puisque, paradoxalement, les personnes interrogées semblent être plus informées de l’ouverture des TGV à la concurrence, qui n’est ni le cœur ni l’essentiel de la réforme (seuls 36% « ne savent pas ») que de celle des TER et des Intercités (47% « ne savent pas »).

C’est pourquoi, comme dans le cas des non-utilisateurs du train, il aurait été intéressant de démarquer dans l’échantillon le point de vue de « ceux qui savent ». Ne serait-ce que pour vérifier si les proportions des favorableset des hostilesà l’ouverture étaient dans ce cas totalement comparables…

Autres résultats qui posent questions, la perception par les personnes interrogées des impacts de l’ouverture du marché, voire les espérances qu’elle pourrait susciter. Ce qui démontre - ici aussi - un manque de connaissance des réalités.