• Pierre Cossard

Autolib’ : chronique d’une mort annoncée


Cette fois c’est sûr. Catherine Baratti-Elbaz, la présidente du Syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) l’a annoncé au journal Le Parisienle 15 juin dernier, elle va proposer « au comité syndical de résilier le contrat avec Bolloré », lors d’une réunion programmée pour le 21 juin.

Le SAVM, et à travers lui la mairie de Paris, refuse d’assumer les 230 M€ de déficit du service qui devrait être à sa charge au terme du contrat qui court jusqu’en 2023.

Selon Catherine Baratti-Elbaz, cette solution serait plus économique pour les collectivités concernées. Dans le courant de la soirée du 15, le groupe Bolloré a toutefois tenu à préciser que cette rupture coûterait au syndicat 150 M€, auxquels il faudra ajouter le coût du transfert des 500 salariés d'Autolib', la reprise des véhicules et des bornes électriques à la valeur nette comptable, et le dédommagement des clients… Autant dire que mis bout à bout, toutes ces dépenses pourraient bien tutoyer elles aussi les 230 millions.

Cette décision étant bien entendu très difficile à assumer politiquement dans un contexte où les choix de la municipalité (Vélib’, voies sur berges, propreté, et maintenant Autolib’) sont l’objet de critiques multiples, Catherine Baratti-Elbaz a tenu à noyer quelque peu les responsabilités : « le Syndicat Autolib' Métropole et la Ville de Paris feront le maximum pour que le service ne s'arrête pas du jour au lendemain. Cela dépendra en grande partie du groupe Bolloré, et nous en appelons à sa responsabilité pour prévoir une transition acceptable vers de nouveaux services ».

En attendant, la faillite d’Autolib’ semble aiguiser les appétits, puisque les constructeurs automobiles comme PSA ou Renault, les loueurs comme Hertz ou Sixt, et quelques start-ups, ont déjà fait offre de service auprès d’Anne Hidalgo...

Une question se pose toutefois, ce modèle de véhicule en auto partage est-il encore économiquement viable ?