• Pierre Cossard

Autolib’ : Uber m’a tuée ?


Alors que les Vélib’ n’ont toujours pas retrouvé dans leur plénitude le chemin des pistes cyclables de la capitale, voilà que le groupe Bolloré jette un pavé dans la mare d’Autolib’.

Le quotidien Le Monde vient en effet de révéler que l’entreprise, qui gère ce service de véhicules électriques en autopartage dans Paris et 97 communes d’Ile-de-France depuis maintenant sept ans, prévoit un déficit de l’ordre de 293 M€ à l’issue de la concession en 2023.

Or, dans le contrat qui lie la Mairie de Paris et les communes avoisinantes au groupe Bolloré, ce dernier assure les pertes dites de service à hauteur de seulement 60 M€. Le reste étant à la charge des communes, en fonction du nombre de bornes Autolib’ présentes sur leur territoire.

Résultat, après une alerte lancée par l’industriel en 2016 auprès du SAVM, syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole (le montant du déficit était alors de 179,3 M€, et fut rapidement contestée), l’industriel réclame aujourd’hui 40 M€ par an à l’ensemble des villes concernées, et ce jusqu’à la fin de son contrat…

A deux ans des élections municipales, la gestion d’Anne Hidalgo se trouve donc une fois de plus fortement contestée. A sa droite bien sûr, où Maud Gatel, vice-présidente du groupe UDI-MoDem, regrette par exemple la non-diffusion d'un rapport d'audit réalisé à la demande du SAVM. Mais aussi à sa gauche, où Danielle Simonnet, conseillère de Paris pour la France Insoumise, estime dans Le Figaroque « la prolifération de VTC dans la capitale, sans aucune régulation, est aussi en partie responsable de la chute du service Autolib »…