• Thierry Joly

A Séoul, l’électrique fait débat


Après avoir remplacé l’intégralité des 7 400 bus diesel circulant dans la ville par des modèles au gaz naturel compressé entre 2 000 et 2012, puis avoir envisagé un passage aux bus hybrides gaz-électrique, la municipalité de Séoul entend finalement passer à l’électrique pur.

Trente premiers bus seront mis en service en septembre dans la partie centrale de l’agglomération déclarée zone verte, et l’objectif est d’atteindre 3 000 bus électrique en circulation en 2025. Avec pour parvenir à ce chiffre l’octroi aux transporteurs exploitant les lignes d’une subvention de 223 000 € par bus, et de près de 38 000 € par station de rechargement.

Annoncée mi-mars, justifiée par le fait que les nouveaux bus n’émettront aucune pollution alors que ceux aux gaz rejettent de l’oxyde d’azote, cette décision intervient alors que la lutte contre les particules fines fait la Une des médias coréens.

Or, l’environnement est l’un des chevaux de bataille de Park Won-soon, le maire de Séoul, candidat à sa réélection en juin prochain. Mais ce choix suscite la grogne des transporteurs, peu réceptifs à l’argument des autorités leur expliquant que leurs dépenses de carburant vont baisser. Ils se plaignent des surcoûts qu’ils vont devoir supporter, car même avec l’aide financière promise, un bus électrique va leur revenir plus cher qu’un modèle au GNC, dont l’acquisition était subventionnée à hauteur d’environ 75 000 €.

Ils pointent également du doigt des problèmes d’espaces, leurs entrepôts étant déjà surchargés de bus, et n’offrant pas toujours de place pour y installer des bornes de chargement. Des installations dans lesquelles ils vont devoir investir, alors qu’ils n’ont pas toujours fini d’amortir ceux consentis dans les stations service de gaz précédemment créées.

Ils sont soutenus par la filière gaz, qui s’était impliquée dans le financement de ces infrastructures. Déplorant la volte face de la municipalité, la filière réfute les arguments environnementaux avancés pour expliquer son choix, estimant qu’elle devrait prendre en compte les émissions des centrales produisant l’électricité.

Quant aux usagers, ils sont pour l’heure relativement absents du débat, seules quelques voix se faisant entendre pour s’inquiéter d’une éventuelle hausse du prix du billet si les coûts des transporteurs augmentent.