• Pierre Cossard

Vélib' Métropole : Smovengo sort du silence


Après avoir essuyé des semaines de critiques sur sa prestation en tant que nouveau gestionnaire du Vélib’, Smovengo a décidé de contre-attaquer, et n’hésite pas dans un communiqué à mettre en cause, entre-autre, l’attitude même de son client, le Syndicat Autolib et Vélib Métropole (SVAM).

En préambule, et sans nier les dysfonctionnements, Smovengo tient d’abord à préciser que 15 000 trajets seraient effectués chaque jour, et ce malgré un certain nombre de ratés que l’entreprise attribut au fonctionnement des stations sous batterie, dont l’électrification reste visiblement problématique.

Il rappelle d’ailleurs au passage que le consortium est tout de même constitué de quelques acteurs européens de premier ordre comme Indigo, Mobivia, Moventia, ou Smoove, et qu’il travaille avec des partenaires comme Bouygues, Colas ou High Graph… Voilà sans doute sa réponse au procès en amateurisme qui lui est fait depuis le début de ses déboires. Pour l’entreprise, le retard accumulé est clairement à mettre sur le compte du recours en justice de JCDecaux, qui traînerait par ailleurs à démonter ses stations…

Vient ensuite une longue liste à charge contre le SVAM, dont la gestion du projet aurait souffert « de graves insuffisances ». « Si nous voulions commencer à lister les raisons de ces retards, poursuit le communiqué, nous pourrions énoncer de nombreux éléments incontestables :

«

  • La contractualisation par le SAVM a dérapé de 3 mois. Elle était initialement prévue en février et a été passée courant mai. Le recours déposé par JC Decaux lors de l'attribution explique une partie importante de ce retard, qui est considérable compte tenu des délais initiaux extrêmement réduits.

  • Six semaines ont été perdues par le SAVM pour la validation des designs des bornes et des vélos par rapport aux délais contractuels : malgré la production des équipements effectuée en un temps record, ces retards sont fortement pénalisants pour l'ensemble du calendrier.

  • Les cahiers des charges techniques fournis n'étaient pas complets, notamment pour la gestion des travaux de génie civil et pour la partie électrique.

  • Le calendrier contractuel prévoyait 525 stations et non 700 au 1er janvier. Persister à répéter des chiffres inexacts ne change pas la réalité et n'offre pas aux élus la transparence nécessaire .

  • Les négociations sociales pour la réembauche des personnels Cyclocity se sont prolongés jusqu'à la mi-décembre : ce retard ne nous a pas permis de recruter nos équipes ni de les former avant janvier.

  • L'important retard pris par JC Decaux dans le démontage des stations Vélib' 1 (à date, 350 stations qui auraient dû être démontées ne le sont toujours pas) empêche les équipes de travaux publics de tenir les cadences.

  • Notre système, fort de ses vélos électriques, est une première mondiale. Les besoins électriques du nouveau service (45 000 bornettes à brancher sur 220 volts), n'ont rien à voir avec le système précédent et obéit à des normes plus contraignantes. Le sous-sol parisien se rélève beaucoup plus complexe que ne l'imaginait le SAVM sur le plan du génie civil dans son cahier des charges. 544 stations ne peuvent toujours pas être raccordées au réseau électrique car les informations techniques (normes C17-200 pour le mobilier urbain électrifié) ne sont pas disponibles. Du coup, afin d'offrir aux utilisateurs une solution, certes non idéale mais temporaire, nous avons mis en fonctionnement les stations sous batterie. Cela offre un service mais avec des aléas, particulièrement en période de froid qui décharge les batteries.

  • Près d'une centaine de stations ne sont pas aujourd'hui électrifiées en raison des retards de plusieurs semaines d'Enedis. Seules 98 stations l'ont été jusqu'à ce jour.

  • Près de 200 adresses définitives de stations ne nous ont pas encore été transmises par le SAVM, ce qui ne permet pas de commencer les travaux de génie civil ».

Une liste « à la Prévert » qui ne devrait guère arranger les relations entre Smovengo et la mairie de Paris, qui tend il est vrai depuis quelques semaines à se défausser sur son prestataire face au mécontentement grandissant des abonnés Vélib’. Qui a dit que le vélo était un mode doux ?