• Michel Chlastacz

Dette et statut des cheminots : un lien plutôt ténu

La tentation de mettre en regard les coûts du statut des cheminots et l’importance de la dette du système ferroviaire français n’est pas nouvelle, et nombre de politiques et de commentateurs y ont souvent cédé. Façon, diraient les malveillants, de mettre « eau, gaz et électricité dans le même tuyau »…

En revanche, les attendus du nouveau « pacte ferroviaire » présenté le 26 février 2018 par le Premier ministre Edouard Philippe, donnent l’impression de ne pas aller dans ce sens. Puisqu’ils rappellent que « l’Etat n’a pas fait les investissements nécessaires et cela se voit ». Pourtant, ils affirment que « sur la question de la dette du système ferroviaire, les efforts doivent être partagés [Et que] dès lors que la SNCF y aura contribué, l’Etat prendra sa part de responsabilité avant la fin du quinquennat ».

Cette dette est pourtant essentiellement celle de l’Etat. Soit des deux-tiers jusqu’aux trois quarts des 45 Mds€ d’aujourd’hui, selon les analyses. Sa désormais lointaine origine « historique » date du milieu des années 1970. Le refus de l’État de financer la LGV Paris-Lyon a obligé la SNCF à emprunter sur le marché dit - mensongèrement - des « eurodevises », puisque le dollar US y jouait un rôle majeur.

Le dollar est passé en quelques années de moins de 4 francs (0,61€) à près de 10 francs (1,52€) au moment du remboursement, et l’Etat n’a pas voulu compenser la différence. Se sont ajoutés d’autres emprunts pour la réalisation des LGV, et les effets à long terme de la dérive des coûts ferroviaires, régulièrement dénoncée. Des coûts qui inclue, c’est vrai, les surcoûts salariaux liés à ce fameux statut…