• Pierre Cossard

ZF : les voitures rêvent-elle d’autonomie ?


Philip K. Dick* n’a qu’à bien se tenir ! Lors du Consumer Electronic Show (CES) 2018 de Las Vegas qui a lieu du 9 au 12 janvier, ZF présente des solutions pour la mobilité digitale connectée du futur. La firme de Friedrichshafen met notamment en avant un prototype automobile qui, grâce au boîtier de commande ZF ProAI, pourvu d'intelligence artificielle, acquiert une expérience en conduite autonome, même lorsqu'il n'est pas sur la route. Avec cette « Dream Car », les ingénieurs de ZF mettent en œuvre de nombreuses fonctions qui permettent une conduite autonome automatisée jusqu'aux niveaux 3 et 4**. Le boîtier, ainsi que les logiciels du ZF ProAI, sont modulaires et peuvent être adaptés en fonction de l'utilisation et du niveau d'automatisation désiré.

L'accent est donc mis sur le ZF ProAI pourvu d'intelligence artificielle que ZF et son partenaire NVIDIA ont développé. Ce boîtier est au cœur de la présentation de la « Dream Car » sur le stand ZF. En effet, lors du CES, ZF fournira au véhicule statique exposé à Las Vegas des données collectées via capteur durant un parcours de conduite entre le ZF Forum et le centre R & D de la société à Friedrichshafen.

Le véhicule - plus précisément son boîtier ZF ProAI - interprètera alors les données en temps réel comme s'il était lui-même en train de conduire sur cette route. Ses actions, telles que le guidage, le freinage et l'accélération, se situeront exactement à 9 200 kilomètres à vol d'oiseau - comme si la voiture imaginait être elle-même en train de conduire sur l'autre continent. L'importation de telles données permet de « former » les algorithmes d'IA. La voiture « apprend » à interpréter les conditions de circulation sans avoir besoin d'être effectivement sur la route, et l'expérience peut ensuite être transférée d'un véhicule à l'autre.

Au CES, ZF présentera aussi son concept de volant pour véhicule autonome, volant qui interprète les gestes du conducteur et lui fournit un retour, par le biais d'un affichage graphique et un éclairage adaptatif.

Il mettra aussi l’accent sur le service de micropaiement « Car eWallet, avec lequel les véhicules peuvent automatiquement payer certains services, et qui peut être intégré dans le boîtier ZF ProAI.

Enfin, le CES sera aussi l’occasion de découvrir le Rinspeed « Snap », unconcept flexible qui associe un châssis prêt à rouler (« skateboard ») fournit par ZF, à différentes superstructures (« pods ») pour le transport de personnes et de marchandises.

*Philip K.Dick, auteur de SF américain des années 70 a, entre autre, écrit le roman « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? », qui servit de base à la réalisation du film Blade Runner.

** Avec le développement de la voiture autonome, les autorités ont décidé de créer des normes permettant de classer les voitures selon leur niveau d’autonomie. Il existe bien sur 2 échelles, l’une américaine (de 0 à 4) et l’autre européenne (de 0 à 5). En Europe, voici les cinq niveaux référencés : 1 - Le conducteur assisté ; 2 - Automatisation partielle, le conducteur superviseur ; 3 - Automatisation conditionnée ; 4 - Plus de conducteur dans certaines situations ; 5 - Plus de conducteur, la voiture totalement autonome.

La « Dream Car » de ZF apprend à conduire de manière autonome comme dans un rêve : sur son stand au CES 2018, ZF alimente le véhicule avec des données du capteur provenant d'un parcours de conduite effectué à Friedrichshafen(Allemagne). Bien qu'il soit situé à 9 200 kilomètres de distance, le boîtier de commande ZF ProAI de la « Dream Car », située à Las Vegas, interprète ces données en temps réel et envoie les commandes de conduite appropriées aux systèmes de transmission, de direction et de freinage.

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