Sûreté

Nantes : une « agression de trop »

Hubert Heulot

6/11/2019

Cela s’est voulu un message à « l’ensemble de la société ». A Nantes, les transports publics ont cessé, mercredi 6 novembre 2019, une « Journée blanche » suite à une nouvelle agression.

Pendant les vacances de la Toussaint, un bus a été pris en embuscade dans ce quartier, bloqué par des poubelles et caillassé. 

La veille au soir, quatre passagers avaient tabassé un conducteur de tram alors qu’il retournait prématurément au dépôt à cause d’un colis suspect dans sa rame, au lieu de rejoindre le terminus. Il a fini sa nuit à l’hôpital.

 

Vers 8 h 30, décision inédite, alors que les conducteurs commençaient à faire valoir leur droit au retrait, la direction de la société de transports (Semitan) a demandé à tous les véhicules de rentrer à leurs dépôts pour la journée. « En soutien aux conducteurs et à tous les agents de l’entreprise devant les difficultés », souligne Pascal Bolo, son président.

 

Le personnel était effectivement choqué. « On a de plus en plus peur, nos familles aussi car la violence va crescendo. Jusqu’où aurait-elle été, si le collègue n’avait pas été secouru par des gens de l’extérieur », rapporte une conductrice à Ouest-France.

 

« C’est l’agression de trop après des vacances de la Toussaint déjà difficiles où l’on a vu un bus pris en embuscade, le conducteur devant forcer un barrage de poubelles pour échapper à un caillassage en règle », ajoute Gabriel Magner, délégué syndical CDFT à la Société de transports (Semitan).

 

Nantes n’en est pas à sa première « Journée blanche » après agression d’un conducteur, mais un climat de plus grande tension semble exacerber les réactions au moindre événement, même anodin.

 

Vers une police des transports ?

 

« Cela permettra peut-être de réaliser l’importance de mettre en place une véritable police des transports à Nantes », indique Didier Sauvêtre, autre responsable de la CFDT à la Semitan.

 

Ce sujet s’est déjà taillé une place dans la campagne pour les Municipales. Johanna Rolland, l’actuelle maire (PS) de Nantes, vient de promettre la création d’une brigade métropolitaine de 30 policiers des transports. Une de ses opposantes (LR) promet, elle, un doublement des effectifs de la Police municipale.

 

Une brigade de sécurité des transports en commun (BSTC) existe déjà, du côté de la Police Nationale. Elle est composée de 12 hommes. « Insuffisant ! On ne les voit pas », constatent les syndicats de la Semitan. Comme tous les policiers, ils sont souvent, eux aussi, réquisitionnés à des tâches de maintien de l’ordre. Une autre brigade équivalente existe à la gendarmerie, pour les territoires extérieurs à la ville de Nantes.

 

Autre suggestion de court terme, les syndicats de la Semitan réclament la généralisation des vitres anti-agression dans les bus alors que seuls les nouveaux en sont pourvus.

 

« A plus long terme, il faut aussi éduquer, faire comprendre que nous exerçons notre métier au service de tous. Si on n’engage pas quelque chose dans ce sens, nous n’aurons aucun résultat », estime Daniel Sauvêtre.

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