Réseau 

Nantes débute dans l’hydrogène par une navette fluviale

Hubert Heulot

01/09/2019

Des bus vont suivre. Mais Nantes s’est lancée le 30 août dans le transport public à propulsion hydrogène sous la forme d’une navette fluviale pour 25 passagers, 12 places pour des vélos. Au moins 80 000 passagers par an sont attendus d’un bord à l’autre de la rivière qui borde le campus universitaire.

Un navire totalement silencieux pour une traversée à la demande, durant deux minutes. ()

C’est un catamaran de 10,4 m de long sur 3,80 de large qui remplace un bateau déjà électrique mais à batteries seulement. Bonbonnes d’hydrogène sur le toit, batteries(2) dans les deux flotteurs, couplées chacune à une pile à hydrogène de 5 kW pour les recharger et alimenter le moteur électrique. Les batteries, laissées seules, auraient au 4 heures d’autonomie.

 

C’était une des limites du bateau précédent. Avec l’hydrogène, celle-ci passe à six jours (consommation, 1,5 kg par jour). La station de ravitaillement (hydrogène à la pression de 350 bar), installée sur l’une des rives, est alimentée par des bonbonnes d’hydrogène achetées dans le commerce à Air Liquide. Le rechargement du navire se fait en à peine quelques minutes.

 

« Cette première nous permet essentiellement de maîtriser une nouvelle technique en matière d’énergie, explique Olivier Le Grontec, le directeur général de la Semitan. Elle n’annonce pas la généralisation de l’hydrogène pour nos navettes fluviales, puisque nous en avons une qui transporte dix fois plus de passagers en traversant la Loire au centre de Nantes, et que nous en envisageons d’autres. Elle nous conduira plutôt à expérimenter des bus à hydrogène. Pour en acheter un certain nombre. La métropole de Nantes nous demande d’en remplacer un peu plus de 160 dans les années à venir. Il y en aura sans doute quelques-uns à l’hydrogène ».

 

Ouverture d’une usine de production d’hydrogène

 

Indépendamment de sa navette fluviale, Nantes a inauguré au même moment une station de production d’hydrogène installée dans l’un de ses dépôts de bus dans le nord de l’agglomération. Son électrolyseur possède une capacité de production de 80 kg d’hydrogène par jour, ce qui la positionne parmi les stations taille moyenne.

 

« Une toute petite station pour des bus ou des camions, mais une grande station pour des véhicules légers. Une quarantaine par jour environ pourraient s’y approvisionner », indique un cadre de la Semitan.

Un rechargement en station à quai, en quelques minutes, pour six jours de fonctionnement.

D’ailleurs cette usine de production alimente une station-service sur la voie publique. Et déjà certaines entreprises, comme la Poste, EDF, l’utilisent. Les concessionnaires de voitures individuelles à l’hydrogène de l’Ouest de la France (Toyota, Hyundai et Renault, pour sa Kangoo ZE) sont également intéressés par l’existence de cette station.

 

Au prix de quelques menus compléments, elle servira à la Semitan pour mener ses expérimentations de bus à hydrogène, pas plus d’un ou deux bus à la fois pour le moment.

 

L’usine de production de l’hydrogène est alimentée par de l’électricité du réseau. Mais dans un avenir proche, elle le sera par une production locale issue de panneaux photovoltaïques.

 

« Nous allons être attentifs à toutes les possibilités d’implantations nouvelles autour du dépôt, indique Stéphane Bis, directeur technique à la Semitan. Nous avons déjà calculé que nous pourrions assez vite être capables de fournir ainsi toute l’énergie dont a besoin notre nouvelle ligne de bus électrique. Pour l’hydrogène, nous sommes dans le même état d’esprit ».

L’usine de production d’hydrogène inaugurée dans le nord de Nantes fournit une station grand public.