La RDT 13 poursuit son développement dans le ferroviaire

Jean-François Bélanger

Traditionnellement reconnue pour son implication dans les transports interurbains par autocars dans le département des Bouches-du-Rhône, la Régie Départementale des Transports (RDT13) n’en poursuit pas moins une historique activité de transport ferroviaire. Une expérience qu’elle compte bien valoriser dans les débats qui vont s’ouvrir, dans l’optique de l’ouverture prochaine à la concurrence des TER, en Région Sud,

(ex Provence-Alpes-Côte-d’Azur).

La RDT13 a fêté le centenaire de sa création, il y a cinq ans, l’occasion de balayer une riche histoire des transports de voyageurs, de plus d’un siècle, dans le département des Bouches-du-Rhône. Rappelons que la Régie avait démarré ses activités avec le rachat de cinq lignes de chemins de fer d’intérêt local. Des liaisons qui sentent bon la Provence : Arles-Fontvieille-Eyguières-Salon-de-Provence, Eyguières-Meyrargues, Tarascon-Saint-Rémy-de-Provence-Orgon,Pas-des-Lanciers (Marignane)-Martigues, Barbentane-Plan d’Orgon et La Ciotat-gare-La Ciotat-Ville. Soit un total de 174 kilomètres, censés représenter à travers les territoires l’absolue modernité qu’étaient à cette époque le train et les chemins de fer, la cause d’une bulle spéculative et financière depuis la fin du 19e siècle.  

 

2 000 trains par an

Aujourd’hui, l’aventure ferroviaire se poursuit, mais dans le fret, essentiellement. « Avec nos six locomotives, nous tractons environ 2 000 trains par an. Sur la ligne entre Pas-des-Lanciers-La Mède, nous assurons des transports d’hydrocarbures pour le compte de Total », confirme Jack Nycollin, directeur du marketing et du développement à la RDT13. Cette ligne est hors réseau ferré national, longue de 16 kilomètres, et classée de catégorie C, c’est-à-dire apte à supporter des charges de 80 tonnes par wagon. Pour cette exploitation, la régie dispose d’un dépôt à Marignane et à Arles.  Toujours dans le ferroviaire, la RDT13 assure aussi l’entretien du réseau ferré du Grand Port Autonome de Marseille. Enfin, depuis l’année dernière la régie s’est vue confier par la Métropole Aix-Marseille-Provence, le transport des ordures ménagères entre Marseille et l’incinérateur de Fos-sur-Mer.

 

Aix-en-Provence-Marseille, la ligne phare de Cartreize

Toujours dans le domaine ferroviaire mais dans le transport de voyageurs cette fois, la RDT13, avant d’orienter ses transports de voyageurs vers l’autocar, exploitait aussi le tramway électrique entre Aix-en-Provence et Marseille. Depuis de nombreuses années, c’est l’autocar qui a toutefois pris le relais pour le transport interurbain des voyageurs, avec des lignes passées sous la compétence de la métropole Aix Marseille Provence (MAMP). La ligne phare du réseau est la ligne autoroutière entre Aix-en-Provence et Marseille. Elle totalise 283 liaisons quotidiennes, avec un temps de parcours de 30 à 50 minutes, selon l’état de la circulation. Le service est assuré de 5h 45 jusqu’à 0 h 00, avec des fréquences allant aux cinq minutes, en heures de pointe. Cette ligne interurbaine par autocar est unique de par son cadencement assimilable à celui d’un métro et sa fréquentation (2 700 000 voyageurs annuels).

 

Dans le transport en commun à Aix-en-Provence

Dans le domaine du transport urbain, la RDT13 gère également cinq lignes du réseau de transport en commun, Aix-en-Bus, dans le cadre d’un contrat de sous-traitance avec Keolis. Au sein de la future DSP du réseau d’Aix en Bus, la RDT 13 s’est vue confier par la métropole MAMP le futur BHNS électrique exploité sur 7,2 kilomètres (dont une grande partie en site propre). « Nous allons investir 15 M€ pour l’acquisition de 15 bus à haut niveau de service (BHNS) électriques. Ce budget couvre l’achat du matériel roulant et des équipements spécifiques associés (aménagement de l’atelier de maintenance et équipements de recharge au dépôt ainsi qu’aux terminus. »  précise Jack Nycollin. Car la Régie est également engagée dans le transition énergétique. « Nous avançons en parallèle avec la Métropole. La tendance est aujourd’hui vers le choix de l’électrique dans le transport  urbain et vers le gaz dans l’interurbain », avance le responsable ajoutant que la technologie évolue rapidement et que l’avenir viendra peut-être d’un mix énergétique permettant d’être au plus près des sources de production.  Pour autant, l’expérimentation d’un autocar électrique pourrait voir le jour sur une ligne interurbaine de courte distance (Marseille-Aubagne, soit 15 kilomètres) tout comme l’équipement d’une station de recharge de gaz dans un de ses dépôts.

 

Candidate à l’ouverture du trafic TER en PACA

Une attribution d’un lot ou d’une ligne de TER ramènerait la Régie plus d’un siècle avant, au moment où ceux-ci s’appelaient les « chemins de fer d’intérêt local ». « Nous souhaitons nous positionner comme un opérateur ferroviaire de proximité, en complément des transports de longue distance ». Même si Jack Nycollin reste discret, la RDT13 se prépare activement à répondre au lancement de l’appel à manifestation d’intérêt qui devrait être lancé prochainement par le conseil régional, une sorte de présélection des candidats pour les soumissions de marché ultérieures. « Nous souhaitons faire valoir notre connaissance du territoire local, notre autonomie, notre souplesse et nos qualités d’adaptation. Nous possédons la capacité de demander des sillons sur l’ensemble de l’arc méditerranéen, entre Narbonne et Vintimille », argumente Jack Nycollin. On se rappelle que dès le début 2018, Renaud Muselier, président de la région, avait préconisé l’ouverture à la concurrence sur trois secteurs : les lignes du littoral, les lignes des Alpes et la ligne Nice-Breil-sur-Roya. La RDT13 dispose effectivement de plusieurs atouts : elle rassemble la totalité des compétences ferroviaires. En ce sens, elle est détentrice du certificat de sécurité et de la licence d’entreprise ferroviaire.

Nouvelles solutions pour la gare d’Aix-en-Provence TGV

Souffrant depuis son ouverture de sous-capacité en matière de stationnement et de multiples problèmes liés au stationnement sauvage, la Métropole Aix-Marseille-Provence, propose de nouvelles solutions de desserte à la gare d’Aix-en-Provence TGV. Un parking-relais gratuit et surveillé d’une capacité de 300 places pour les voitures, et 38 emplacements pour les vélos, a été organisé au Plan d’Aillane. Il est desservi par la ligne 40, reliant la gare routière d’Aix-en-Provence, le parking, la gare TGV et l’Aéroport de Marseille-Provence, de 4 h 38 à 23 h 33, avec des fréquences toutes les 15 minutes. La desserte de l’aéroport n’est assurée qu’une navette sur deux. Le parking du Plan d’Aillane est situé à 10 minutes de la gare TGV, pour une durée de bout en bout de la ligne inférieure à 30 minutes. Le tarif de ce service, depuis Aix-en-Provence est de 3,5 euros pour un aller simple et de 4,8€ pour un aller et retour. Il est respectivement de 7€ et de 11,8€ pour ce qui est de l’aéroport.

La RDT13 en chiffres 

  • Date de création : 1913

  • Effectif : 560 salariés

  • Dont 320 conducteurs

  • Parc : 218 autocars

  • Moyenne d’âge des véhicules : 3 ans

  • 9 millions de voyageurs par an

  • 4 000 scolaires transportés par jour

  • Chiffre d’affaires 2017 : 47,8 millions d’euros

TG Press9 rue du Gué - 92500 - Rueil-Malmaison

 

contacts

Pierre Cossard, éditeur

Laurence Fournet, directrice commerciale