Gap étend la gratuité

aux lignes périurbaines

Christine Cabiron

Dans le  cadre de la loi NOTRe, l’agglomération de Gap a récupéré la compétence pour exploiter 28 lignes régionales évoluant sur son territoire. Tout comme le réseau urbain, elles sont accessibles gratuitement. Par ailleurs, cette collectivité attend le feu vert pour mettre en service une navette autonome.

Depuis le 3 septembre dernier, la donne a changé en matière de transport public dans la communauté d’agglomération de Gap-Tallard-Durance. Dans le cadre de la loi NOTRe, cette collectivité a en effet « hérité » de la gestion de 28 lignes régionales organisées sur son périmètre. «Aujourd’hui toutes les communes de l’agglomération disposent d’un service de transport public», explique Roger Didier, président de l’agglomération. 

 

Pour l’instant, l’offre n’a pas été modifiée et reste opérée en sous-traitance par des transporteurs locaux. En revanche, des études ont été lancées afin d’identifier les besoins de déplacement des habitants. « Le transfert de compétence a été total. Nous n’avons pas besoin de l’aval de la Région pour décider de modifier l’offre de transport sur ces services».

Les élus gapençais ont décidé de rendre leur accès gratuit. En cause : des recettes commerciales qualifiées de « ridicules » par l’élu, car inférieures à 25 000€ par. Pour les élus, cette mesure « donnera un nouvel élan » à la mobilité. Selon Roger Didier, c’est ce qui s’est produit à Gap, lors de l’instauration il y a 13 ans de la gratuité sur le réseau urbain. 

 

« En 2005, nous voulions développer l’offre de transport public. Il aurait fallu investir dans un système de billettique et recruter des contrôleurs. Ce qui allait coûter horriblement cher au regard des recettes commerciales perçues ».

 

Deux bus 100% électriques

A cette époque, 500 000 personnes se déplaçaient en bus, dont 83% bénéficiaient déjà de la gratuité. « Nous avons constaté une montée en puissance de la fréquentation car nous avons maintenu et développé la qualité du service ». Aujourd’hui le réseau, récemment nommé « L’agglo en bus » transporte 2 millions de passagers par an, pour une offre de 2,8 millions de kilomètres. 

 

«Nous souhaitons inciter nos concitoyens à privilégier les transport en commun. Cela passe par des véhicules modernes, confortables et respectueux de l’environnement ». Dans cette optique, l’agglomération a mis en service deux bus 100% électriques en juillet 2018. Il s’agit de Bluebus de 22 places, destinés à desservir des secteurs proche de l’hyper-centre de Gap.

Ces deux bus représentent un coût proche de 500 000€. Cet investissement a bénéficié de subventions issues du projet « Territoire à énergie positive et croissance verte » et du programme européen de coopération franco-italien Alcotra. « Nous avons ainsi bénéficié d’un taux de subventions de 80% ».

 

Un bus toutes les 30 mn

Autre nouveauté visant à améliorer l’attractivité des transports publics : la mise en place d’une offre constante toute l’année sur une sixième ligne. L’objectif : mettre fin aux baisses de fréquences en période scolaire. « En 2019/2020, toutes nos lignes urbaines auront une fréquence de 30 minutes », affirme Roger Didier. 

 

«En développant l’offre de transport public, notre objectif est de limiter l’augmentation du nombre de véhicules par foyer. Pour autant nous ne faisons pas la guerre aux automobilistes. Quoi que l’on fasse, certains continueront de venir au centre-ville en voiture».

Par contre, ces derniers sont incités à stationner dans l’un des quatre parcs-relais ou dans les parkings en ouvrage construits à proximité du centre-ville.

 

Aujourd’hui, cette collectivité consacre près de 4,5 millions d’euros par an aux transports publics. Ce budget est alimenté par le versement transport (2 M€/an), la Région Sud au titre du transfert de compétences (1,3 M€) et la Communauté d’agglomération (1,15 M€).

 

Cap sur une navette autonome

Autre projet à venir : la mise en service d’une navette autonome pour relier deux parking-relais. Ce véhicule, conçu par Navya, évoluera sur une contre-allée, partagée avec les piétons et les cyclistes. « Nous avons testé cette navette il y a trois ans. Entre temps, nous avons réalisé des travaux pour sécuriser son parcours et nous attendons les autorisations administratives ». 

 

Cette navette sans conducteur effectuera une boucle de 7 km. Le long de cet itinéraire, elle devra franchir 17 intersections. « C’est un projet très ambitieux et compliqué à boucler administrativement. Pour notre part nous sommes prêts», indique Roger Didier.

 

TG Press9 rue du Gué - 92500 - Rueil-Malmaison

 

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