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Frédéric Baverez,    

directeur exécutif groupe France chez Keolis.

Keolis accompagne les collectivités dans la transition énergétique

Keolis organise du 29 octobre au 3 décembre 2019 un « Nouvelles énergies tour » en sept étapes. L’objectif est d’accompagner les collectivités dans la transition énergétique de leurs transports publics. Explication de Frédéric Baverez, directeur exécutif groupe France chez Keolis.

16/11/2019 - Propos recueillis par Christine Cabiron

Mobilités Magazine : pourquoi le groupe Keolis a-t-il décidé d’organiser un tour de France des « nouvelles énergies » ?

Frédéric Baverez : depuis 2 ou 3 ans, chaque fois que nous rencontrons les collectivités, elles nous font part de leurs interrogations sur la manière d’aborder la transition énergétique. Plus les agglos sont petites, plus elles se posent des questions car elles ne sont pas certaines d’avoir les bons éléments pour y répondre. Les grandes collectivités comme le Sytral à Lyon ont des services internes qui leur permettent d‘aborder ces questions. Les collectivités ont fondamentalement bien compris que la loi sur la transition énergétique va interdire les bus alimentés au diesel à termes mais elles ne savent pas précisément vers quelles technologies se tourner. 

MM : quelles sont leurs interrogations ?

FB : pour le gaz qui est une technologie mature, elles veulent avoir des éléments plus précis sur le coût d’une station de compression, s’il faut ou non acheter le gaz ou encore laisser le fournisseur d’énergie investir dans une station de compression. Sur l’électricité, elles se posent beaucoup plus de questions car la technologie est mutante. Par ailleurs, certaines d’entre elles s’interrogent sur l’hydrogène.  

MM : que leur proposez-vous lors du « Keolis nouvelles énergies tour » ?

FB : face à toutes ces questions, nous avons eu l’idée d’organiser une tour de France en sept étapes. A chacune d’entre elles, nos experts leur présente les avantages et les inconvénients de chaque motorisation. C’est aussi l’occasion de leur faire tester différents véhicules. Pour cela, nous avons embarqué dans notre caravane des constructeurs de matériel roulant. Ils sont accompagnés de leurs experts pour répondre aux questions des collectivités. L’objectif est d’échanger entre professionnels du transport sur la question de la transition énergétique. Je tiens à préciser que les constructeurs ne sponsorisent pas cette opération qui est organisée et financée par Keolis.

 

MM : concrètement comment se déroule ces rencontres ?

FB : elles se déroulent en trois temps. Nos experts présentent de façon théorique les problématiques générales en termes de pollution atmosphérique, de nuisances sonores et les enjeux de la transition énergétique. Ensuite, ils exposent les différents types de carburants alternatifs. Pour la filière gaz, nous avons une assez bonne visibilité car cette technologie est mature. Par contre, pour l’électricité, nous sommes moins dans l’affirmation mais nous présentons des éléments prospectifs. Cela concerne essentiellement les batteries : leur poids, leur taille, l’autonomie et leur durée de vie. Nous donnons également des éléments économiques tout en précisant qu’ils varient en fonction des collectivités. Par exemple, les coûts financiers pour une ville dotée d’une station de compression au gaz seront différents pour une agglomération qui devra investir dans une telle structure. Autre exemple : une ville qui ne peut pas se passer de bus climatisés devra plus tenir compte de la consommation des batteries car la climatisation peut impacter 30% de l’autonomie kilométrique. Enfin, nous proposons de tester les différents véhicules sur des circuits fermés. C’est pourquoi nous avons choisi Le Mans, Bordeaux, Toulouse, Salon de Provence, Prenois, Bouxières-aux-Dames et  Comines qui disposent de ce type d’infrastructures.

 

MM : quels types de véhicules présentez-vous ?

FB : les élus peuvent découvrir des autocars au GNV, électriques, des bus de 6 mètres électriques, des minibus et des véhicules pour personnes à mobilité réduite. Il nous manque juste un bus à hydrogène. Nous avons noué des partenariats avec Iveco, Bolloré, BYD, Scania, Karsan, Nissan et Renault pour les véhicules de type PMR. Notre démarche est vraiment très simple : nous apportons des éléments objectifs sur le GNV, les bio-carburants, l’électricité, et l’hydrogène sans pour autant faire du « diesel bashing ». Nous rappelons toujours que la donne peut changer avec l’évolution des technologies.

 

MM : le transport public français est-il en avance en matière de transition énergétique ?

FB : je préfère raisonner par continent. En Europe, dans le domaine de l’électrique, la France tient son rang et arrive en 3ème position derrière les pays scandinaves et la Hollande. Avec la loi sur la transition énergétique, je pense que d’ici 3 ou 4 ans, la France aura probablement le premier parc électrique d’Europe. Reste que nous sommes en retard par rapport à l’Asie, notamment en Chine. Pour ce qui est de l’hydrogène, le Japon et la Corée sont nettement en avance par rapport à l’Europe. Sur le gaz, nous sommes assez en avance. C’est un très bon compromis aujourd’hui.

 

MM : les collectivités ont-elles actuellement des préférences en matière de motorisation alternatives ?

FB : l’électricité séduit beaucoup d’agglomérations au regard de l’absence de rejet et de bruit. Reste à savoir comment est produite l’électricité. Autre problématique liée à cette motorisation : les conditions de fabrication des batteries. Il n’empêche que les bus électrique de 6 mètres sont très prisés.

MM : quel conseils prodiguez-vous aux collectivités quant au coût de l’électrique ?

FB : le coût d’un véhicule électrique est 1,5 fois supérieur à celui d’un diesel. Quand les collectivités décident d’acheter des véhicules électriques mais ont des interrogations sur l’évolution de cette filière, nous leur suggérons de procéder par palier. C'est-à-dire d’acheter dans un premier temps des bus de 12m, plutôt que des 18m sur lesquels il va y avoir d’importants progrès sur les batteries dans les prochaines années. Si elles préfèrent investir dans le développement de l’offre de transport plutôt que dans l’achat de véhicules, nous leur conseillons d’opter pour le gaz. Il est aussi possible d’envisager des parcs mixtes avec des bus électriques dans la partie la plus centrale de l’agglo et des véhicules diesels euro VI au-delà. Nous oublions toujours qu’avec cette norme tous les polluants ont été divisés par 10. Enfin, nous rappelons toujours qu’avant de regarder les émissions polluantes, il faut surtout garder à l’esprit que le transport collectif est un élément essentiel de la transition énergétique.