Jean-Pierre Farandou, président de l’UTP :

" Le secteur de la mobilité publique a été un peu mieux entendu "

En tant que président de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP),

Jean-Pierre Farandou dresse un constat plutôt positif de la période électorale.

Même si le transport n’a pas percé, en tant que tel, dans les débats.

Propos recueillis par  Hubert Heulot
Publié dans Mobilités Magazine N°4, mai 2017

 Pour nourrir le débat public sur la mobilité durable, l’Association des régions de France (ARF), la Fédération nationale des associations des usagers des transports (Fnaut), la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), le groupement des autorités responsables de transport (Gart), Transport Développement Intermodalité Environnement (TDIE) et l’Union des Transports publics et ferroviaires (UTP) ont organisé de juin à décembre 2016 une vaste consultation nationale sur le transport public : les Etats Généraux de la Mobilité durable. Les résultats ont permis d’exprimer les attentes des structures concernées par la mobilité, des élus, des techniciens, mais également des usagers de transports. Ils ont été présentés le 7 mars dernier, l’occasion ainsi d’interpeller les candidats à la présidentielle sur ces questions de mobilité. Les sensibiliser aux enjeux du transport public. Le point en quatre questions avec Jean-Pierre Farandou, président de l’UTP, par ailleurs président de Keolis.

Mobilités Magazine : que retenez-vous, en tant que président de l’UTP, de la campagne présidentielle ?

Jean-Pierre Farandou : il est toujours décevant, pour les professionnels d’un secteur dépendant autant que nous de l’action de l’Etat, de ne pas apparaître dans les débats. Surtout quand les préoccupations ne sont pas minces, comme le financement de notre système de transports publics. Le plus extraordinaire, c’est que de grands sujets comme l’emploi, notre avenir industriel, la transition énergétique ne peuvent trouver de bonnes réponses, si nous ne sommes pas au rendez-vous sur chacun de ces points. Les candidats qui ont débattu de ces enjeux ne se sont jamais exprimés sur leurs conditions de réussite, notamment en termes de mobilité publique.
 

M. M. : vous n’avez pas, comme d’autres secteurs, auditionné les candidats. Vous avez procédé à travers des Etats Généraux de la Mobilité durable. Avez-vous eu raison ?

J.P.- F. : oui. Je crois que ces Etats Généraux nous ont permis d’être un peu entendus. J’en veux pour preuve que plusieurs candidats ont repris l’idée d’une loi de programmation pluriannuelle des investissements dans les infrastructures. Pour les sécuriser. Les retours sont bons autour de cette idée. Nous allons continuer de la défendre jusqu’au bout. Nous avons eu plus d’impact que d’habitude, parce que les Etats Généraux, groupés comme jamais, ont fait avancer nos idées. Pour la première fois, nous avons élargi à toute la famille de la mobilité. Notamment aux Régions de France. Aux utilisateurs aussi, à travers la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut, ndlr), association respectée, reconnue, responsable et même courageuse, quand elle dénonce les abus du droit de grève ou continue de se prononcer contre la gratuité des transports.

M. M. :  les 70 propositions sorties de ces Etats Généraux, livrées en conférence de presse, ont-elles vraiment une chance d’être reprises par le prochain gouvernement ?

J.P.- F. : au moins une ou deux. Nous avons bénéficié d’une bonne couverture de presse avec des reportages dans les journaux télévisés. Cela va nous aider à avoir plus d’impact que d’habitude dans les temps qui viennent.
 

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