Sous le signe des équipementiers

Si BMC, Isuzu Anadolu et Otokar sont venus en force à Busworld Turkey, ce sont les équipementiers qui font forte impression par leur nombre lors de cette édition 2018.

Parmi les constructeurs, on relèvera l'absence à Izmir de Temsa, Karsan, MAN et de Mercedes-Benz, pourtant très fortement implantés industriellement dans le pays. Pour les deux premiers, on imagine un souci d'économies dans un marché national en-deçà de ses volumes moyens d'immatriculations de véhicules neufs.

Quant aux deux germano-turcs, il peut s'agir d'arbitrages liés à la présence du salon IAA 2018 en septembre prochain. A contrario, les équipementiers actifs en Turquie sont venus en nombre.

On relève ainsi une impressionnante représentation de selliers et fournisseurs de revêtements textiles et cuir, de fournisseurs d'essieux et de boîtes de vitesses (Allison, Eaton et ZF) et de systèmes BUS-CAN et électronique de bord (Actia, TEQ, etc.). Bref, de nombreux équipementiers entrant dans la fourniture de pièces de première monte !

BMC, Isuzu Anadolu et Otokar s'en donnent à cœur joie pour impressionner les visiteurs en faisant assaut de nouveautés et de révisions de leurs gammes. L'Europe de l'Ouest n'a pas encore tout vu de l'expansionnisme Ottoman !

Le festival Otokar

Otokar tient fort à son sceptre, et affiche ses ambitions lors du salon Busworld Turkey 2018. Attention, les appels d'offres aiguisent les appétits de ce conquérant !

Avec 2031 autocars et autobus produits en 2017, Otokar a affiché une croissance de 9% en 2017, dans un marché turc tendu. L'objectif assigné par les dirigeants du groupe Koç est de conforter la croissance du groupe via l'export. C'est bien parti, puisqu'en 2017, sur 1,79 milliards de chiffre d'affaires (en livre turque, soit environ 300 millions d'euros), les exportations ont représenté 149 millions d'euros (en croissance de 14%).

La part de marché du groupe s'est élevée sur son marché domestique, selon ses affirmations, à 33%, grimpant même à 40% sur le segment des classe Midi. Un marché mal orienté cette    année, puisque ce segment, toute marques confondues, chute de -11,5%. Mais pour Otokar, les volumes continuent de croître : + 4,5% par rapport à 2017 dans cette catégorie.

Pour 2018, le groupe s'enorgueillit d'avoir remporté un appel d'offres pour 400 autobus à destination de Bucarest (Roumanie), le plus gros appel d'offres jamais remporté par ce constructeur à ce jour !

 

Güleryüz cherche importateur

Le carrossier-constructeur Turc Güleryüz, déjà représenté en Allemagne, en Suisse et en Italie cherche des distributeurs pour la France pour ses autocars double-étage touristiques.

L’industriel, sis à Bursa (à quelques encablures de l'immense usine Oyak-Renault qui fabrique l'essentiel des Clio IV vendues en France) souhaite développer ses ventes à l'export. Partenaire de Mercedes-Benz - avec pour ce dernier un modèle directement distribué par Mercedes-Benz Türk - la firme propose en Euro VI un double-étage Low Floor fermé ou ouvert pour visites touristiques à motorisation DAF. Les gammes urbaines Güleryüz Cobra, à structure autoportante, de 9,5 m, 10,55m et 12 m de long, font aussi partie des candidates à l'exportation.

Face aux géants que sont Temsa ou Otokar, le carrossier de Bursa ne représente une capacité productive que de seulement 700 unités annuelles (tous modèles confondus). Mais avec 350 autobus et autocars fabriqués en 2017, il devient urgent pour la marque d'étoffer son maillage international. Deux pays sont clairement visés : l'Espagne et... la France !

 

Ça gaze pour BMC 

Après une faillite survenue en 2013, BMC célèbre son retour à la vie et s'accapare quasiment la moitié du Hall B du parc des expositions d'Izmir. Le plan produit est à l'avenant !

On se souvient de la fin de partie, peu glorieuse, pour BMC en France. Son importateur ayant subi l'arrêt brutal des livraisons suite à la faillite du groupe en 2013. Mais l'industriel, avec l'aide (discrète mais significative) de l'Etat Turc, s'est redressé et compte sur ses activités diversifiées (véhicules militaires, camions, utilitaires légers, autobus, moteurs thermiques pour le ferroviaire, véhicules spéciaux) pour se mettre à l'abri de nouvelles vicissitudes.

BMC ambitionne 1 milliard de dollars US de chiffre d'affaires en 2018, et vise les 5 milliards en 2021 ! Le plan produit compte déjà des gammes entièrement nouvelles (BMC Neocity, BMC Neoport), ainsi que des développements dans les autobus électriques et les motorisations GNV, ces dernières étant d’ores-et-déjà inscrites au catalogue !

Le groupe (doté de 3 sites industriels (Pinarbaçy près d'Istanbul, Karasu et Ankara) annonce participer à l'appel d'offres de Sofia (Bulgarie), prélude au redémarrage des exportations.

Isuzu Anadolu le conquérant !

Comme ses confrères, et concurrents, Isuzu Anadolu doit subir les affres des alternances de cycles du marché domestique turc. La firme revendique la 1ère place comme exportateur d'autobus et autocars de classe Midi, et celle de 1er importé au Royaume-Uni sur ce même segment.

Tugrul Arikan n'a pas caché ses intentions concernant le marché français : « c’est un des marchés les plus importants en volume et en image. Il est la clef en Europe ».

Hakan Kefoglu, directeur export, précise : « Nous développons une offre électrique et à motorisation GNV pour les modèles urbains en 9,5 m ; 12 m et 13 m. Le Novo Citi LiFe sera bientôt disponible en complément du Novo Citi. Nous allons accroître notre (...) support à notre importateur en France, FCC ».

L'ambition, très grande, est de rapprocher la part de marché métropolitaine de FCC de celle que Fast Concept Car détient dans les territoires et départements d'outre-mer ! Rien de moins ! Hakan Kefoglu l'affirme : « à terme notre objectif est de vendre 200 unités en France ».

Le plan produit reflète cet appétit avec l'introduction en juin 2018 de l'Isuzu Anadolu Visigo en version 320ch et boîte automatique ZF Ecolife.

De quoi séduire quelques autocaristes !

 
 
 

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