Brice Bonavia, 

directeur général Iveco Bus

Le groupe Iveco entend être moteur dans la transition énergétique

Brice Bonavia est directeur général d'Iveco Bus en France depuis l'été 2018. Il donne à l'occasion d'Autocar Expo 2018 un bilan des tendances du marché France pour l'année en cours, en attendant les premiers résultats officiels communiqués par A.A.A Data et la C.S.I.A.M.

Mobilités Magazine : Quelle est la tendance du marché France au cours de ces 9 premiers mois 2018 ? 

Brice Bonavia : La tendance globale est bien orientée, à +8% du MTM en volume ce qui est assez inattendu. Cela est porté par l'autobus, à +31%. Les autocars ont une part de marché étale avec une hausse très légère à +2,4% grâce aux autocars interurbains, bien orientés (+10% sur ce segment). Les autocars de tourisme sont en baisse (à -11% sur le segment). 

 

M. M. : Est-ce lié à une correction suite aux années fastes dûes aux cars Macron ?

B.B. : C'est une correction des marchés. A terme on devrait retrouver sur les autocars de tourisme à une moyenne de 900 à 950 unités annuelles en France. Rappelez-vous : on est passé de 700 unités annuelles à plus de 1100 immatriculations sur les autocars de tourisme. Cela sur trois années, entre 2013 et 2016. L'enjeu est le financement de ces autocars dans un contexte où les opérateurs peinent à trouver de la rentabilité. On est passé d'un financement de 24 à 36 mois à des financements à 60 mois. 

M.M. : A-t-on vu des changements dans le profil des autocars ?

B.B. : Il y a en France une focalisation sur le 13 m à deux essieux. Les 3 essieux sont redevenus ultra-marginaux : les opérateurs réalisent l'absence de rentabilité*. 

MM. : Et pour les minicars ?

BB :La tendance est ici positive, à +5% sur le MTM France. Iveco Bus est un acteur majeur avec 30 à 32 % de celui-ci, hors carrossiers. L'impact de ces derniers à décru du fait des difficultés rencontrées dans un passé récent par Vehixel ou HCI. On a assisté à un report de commandes des clients en faveur d'Otokar ou de Anadolu Isuzu. 

MM : Qu'en est-il du mix énergétique, qui a connu ces dernières années de très fortes fluctuations ?

B.B.: Pour les autobus urbains, les tendances 2018 se répartissent comme suit : 60% en gazole, 20% en hybrides, un segment voué à la baisse en France, plus 20% en GNV. A terme, il restera en France le gaz, une petite fraction motorisée au gazole et de l'électrique. L'hybride restera principalement pour les marchés export. On a des demandes autour du trolleybus.  

MM : Qu'en est-il de la transition énergétique en interurbains ?

BB : L'attraction est évidemment le Crossway Natural Power Normal Floor classe II. Enfin disponible, c'est la plus forte demande. 

M. M. : Où en est le Magelys ?

B.B. : Objectif : produire de 300 à 400 unités annuelles du Magelys en année pleine. Pour la France, cela représente un volume de ventes entre 100 et 150 immatriculations. Mais il faut ajouter les volumes de l'Evadys qui sera produit à Annonay. Cela représentera 300 unités annuelles, principalement à destination du Sud de l'Europe.  (…) Le Magelys à boîte ZF TraXon est en livraison client depuis juillet 2018. Les retours clients sont positifs, évoquant un confort de conduite amélioré. On sait déjà que c'est un gain en confort. On attend d'autres résultats pour mesurer l'impact sur les consommations. On est en échange avec nos clients pour quantifier les bénéfices en terme de consommations.  


M. M. : Quel est votre plan produit à court terme ?

B.B. : Le groupe Iveco entend être moteur dans la transition énergétique. il y a également l'Iveco Daily Natural Power 22 places en complément des variantes de 16 et 19 places. La gamme Daily Blue Power comprend des offres électriques et GNV, aussi bien dans le scolaire que le tourisme. L'autonomie électrique reste un frein. On ne parle pas encore ici en terme d'heures d'utilisation. Les clients sont toujours préoccupés par les kilomètres disponibles.

(…) L'Evadys, présenté à Busworld 2017 évolue avec la version 57+1+1 places en porte arrière et sellerie inclinable, offrant 10m3 de soutes ; un modèle idéal pour les séjours linguistiques ou les transferts d'aéroports. La commonalité de pièces avec le Crossway est un vecteur de croissance en Europe de l'Est. L'Evadys a comblé un vide sur le marché depuis la fin de l'Iliade TE. 

M. M. : On a entendu parler de changements quant à l'Iveco Daily électrique, qu'en est-il ?

B.B. : Non aucun changement. Ce que vous évoquez n'est pas pour la génération actuelle. 

M. M. : Une tendance forte du marché, notamment chez votre principal concurrent européen, est la maintenance prédictive.

             Où en êtes-vous ?

B.B. : Il y a une offre Fleet Management dédiée à l'analyse de la conduite. Ce contrat mensuel est une offre développée en interne par le groupe Iveco. Par ailleurs, il y a Intellibus davantage orienté vers la maintenance prédictive reliée au réseau CAN-BUS de bord. Elle concerne toute la gamme sauf le Daily. C'est un développement propre à Iveco Bus, notamment pour des raisons d'accès au BUS-CAN spécifique. C'est une solution pertinente pour tous les véhicules qui ne rentrent pas sur base. C'est aussi un développement né des échanges avec le groupe de travail ItxPT où Iveco Bus est très actif ; vous en trouverez une manifestation concrète avec l'Evadys pré-équipé ItxPT.  

*Due à la conjonction de facteurs fiscaux, comme la taxe à l'essieu, et de la tarification hautement dissuasive des péages autoroutiers Classe 4 ; facteurs auxquels il faut ajouter le prix d'achat plus élevé des autocars 3 essieux, NDLR.

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