Arnaud Rabier, secrétaire général d'Agir

Agir joue la carte du concret  et de l’efficacité

En cette année 2018 où la mobilité est au cœur de certains débats gouvernementaux et où une nouvelle loi organisationnelle se prépare, quel rôle entend jouer l’Association pour la Gestion Indépendante des Réseaux de transport public ? Eléments de réponses avec Arnaud Rabier, son secrétaire général.

Mobilités Magazine : dans le cadre des Assises de la Mobilité, quelles ont été les positions spécifiquement défendues par Agir ? 

Arnaud Rabier : c’est le Groupement des autorités responsables de transport (Gart, ndlr) qui a porté nos positions. De fait, Agir milite pour la mise en œuvre d’un outil de ticketing identique à toutes les collectivités, une sorte de guichet unique sur mobile. Pour appuyer nos propos, nous présentons d’ailleurs Airweb, une application développée à notre demande.  

Par ailleurs, nous avons demandé à ce que la centrale d’achat des transports publics (CATP, ndlr) devienne officiellement un support d’achat pour l’innovation. Nous avons proposé que l’Etat nous confie une certain volume d’achat de véhicules afin d’améliorer la compétitivité. En somme, en terme de recommandation, nous avons clairement voulu rester dans le concret et l’opérationnel facile et rapide à déployer.

M. M. :   que retirez-vous des travaux et recommandations présentées lors de la clôture des Assises, le 13 décembre?

A.R. : il y avait beaucoup de choses intéressantes, mais il m’a semblé que parfois, on ne répondait pas toujours précisément aux attentes des usagers… 

M. M. : en matière de transition énergétique, quelles remontées avez-vous de la part de vos adhérents ?

A.R. : le véritable enjeu aujourd’hui, c’est la fiabilité des véhicules proposés en alternative au diesel. L’analyse de beaucoup de collectivités est souvent la même : la technologie n’est pas prête. Leurs budgets sont contraints, et la majorité d’entre elles ne veut pas essuyer les plâtres d’une transition mal maîtrisée technologiquement. Donc, beaucoup vont miser sur un renouvellement des parcs en Euro VI tant qu’elles le pourront, ce qui, en soi, est bel et bien une action en faveur de la protection de l’environnement.

M. M. : la CATP est très impliquée, et écoutée dans ce domaine. Quels sont les travaux d’analyse actuellement en cours en son sein sur les différents modes en compétition ?

A.R. : à vrai dire, nous considérons que les différents modes proposés sont désormais complémentaires. Pour l’instant, nous engrangeons les remontées d’informations sur les expérimentations en cours pour mettre notre étude à jour. Et de fait, nous n’avons ni position, ni d’opposition sur un mode. Nous attendons simplement la maturité de la technologie électrique pour nous prononcer.

Par ailleurs, nous renouvelons cette année tous nos accords cadre avec les fournisseurs de véhicules et attendons d’obtenir des prix exacts sur chacun des modes proposés. Il y a encore beaucoup d’incertitudes, notamment sur le génie civil, mais nous intégrons déjà les stations de recharge dans notre catalogue.

 

M. M. : une tendance se dégage-t-elle aux vues des achats, ou des demandes de cotation, enregistrés par la CATP ?

A.R. : en 2017, sur les 400 véhicules achetés à travers la centrale d’achat des transports publics,  nous avons enregistré une dizaine d’unités électriques, des minis, auxquels s’ajoutent quelques bus et un certain nombre d’hybrides. Le fait véritablement marquant, c’est que 25% de ce total concerne des modèles fonctionnant au gaz. Pour l’instant, le vrai tournant énergétique est là. 

 

M. M. : quels sont les grands chantiers qui attendent la CATP en 2018 ?

A.R. : la centrale connaît un vrai succès puisqu’en 2017, nous avons enregistré 40 nouveaux adhérents, dont Ile-de-France Mobilités avec un marché de 450 véhicules sur trois ans. A ce jour, et pour ne considérer par exemple que les dix premières agglomérations françaises, il ne nous manque plus que Nantes pour être au complet. En dehors des matériels roulants, nous avons constaté une forte demande pour la billettique légère car les régions s’équipent. Par ailleurs, nous assistons à un développement de la formation CATP, avec un accès au catalogue de référencement. C’est un peu marginal pour la centrale, mais important pour Agir.

 

M. M. : comment se porte aujourd’hui la gestion directe dans les transports ? Les évolutions en matière de gouvernance (loi NOTRe) et d’économie des collectivités joueront-elles en faveur, ou en défaveur de cette alternative ?

A.R. : aujourd’hui, nous avons 230 adhérents chez Agir. Toutes les régions nous ont rejoint, et nous les avons accueillies avec un groupe d’assistance spécifique. Nous avons conservé les départements, qui sont une quarantaine, en leur proposant une expertise sur le transport des élèves handicapés (TEH, ndlr), ce qui a d’ailleurs généré une dizaine de nouvelles adhésions. Enfin, notre offre de formation est importante, puisqu’elle a concerné 500 personnes en 2017, et que son accès se fait dans le cadre de la cotisation. 

 

M. M. : quels sont les grands chantiers d’Agir pour 2018 ?

A.R. : un de nos objectifs stratégiques consistera cette année à faire du lobbying pour faciliter la création de sociétés publiques locales (SPL, ndlr) avec une seule collectivité, et possibilité d’activité accessoire. Nous espérons que cette demande sera inscrite dans la prochaine loi d’orientation des mobilités. D’ailleurs, l’organisation de nos Journées à Chartres les 7 et 8 novembre 2018, sera pour nous l’occasion de mettre en valeur le nouveau réseau de cette agglomération, qui est aussi une des premières sociétés publiques locales créées.

 

 

 

 

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